LUXEMBOURG
GÉRARD KRAUS

Le 4 mai ne veut peut-être rien dire pour la plupart d’entre nous, mais pour les fanatiques de la cultissime saga Star Wars, c’est le jour de l’année pour porter fièrement les couleurs d’un univers qui ne se démode pas à travers les générations de fans. Par un jeu de mots, le 4 mai est devenu en quelques années un jour de rassemblement mondial autour d’une même passion.

«Les mots d’Obi-Wan Kenobi résonnent chaque année, en anglais “may the force be with you” et “May the 4th” ont donnée naissance au jour dédié à la saga que George Lucas lâcha sur les écrans le 25 mai 1977 - chance ratée d’entrer dans les annales. Dès lors la galaxie lointaine, très lointaine, n’a pas quitté le monde de la culture pop. Les différentes incarnations des héros ont servi de point d’entrée pour une génération après l’autre, ainsi, après trois trilogies de films, d’innombrables romans, comics, et une avalanche de produits dérivés, la saga est devenue un mythe moderne pour un grand nombre de gens.

Le Luxembourg compte entre autres un club de collectionneurs, deux pour les porteurs de costumes, ainsi que la société de science-fiction et du fantastique. Cette dernière est plus largement dédiée aux mondes imaginaires pour les membres de la dernière la saga, ce qui est certainement un des blocs fondateurs de la culture de l’imaginaire contemporain qui est bien plus acceptée qu’avant.

Personnellement, mon immersion dans la galaxie a commencé assez tard. Je me rappelle avoir joué avec les figurines du “Retour du Jedi” au début des années 80, d’avoir vu Dark Vador déambuler dans les rues d’Esch-sur-Alzette, et autres rencontres encore, mais ce n’était qu’au début des années 90 quand j’étais ado lecteur que j’ai découvert l’omnibus de la trilogie originale, j’ai ensuite enchaîné la lecture des nouvelles du “monde étendu” qui connaissait une renaissance dans la dernière décennie du dernier millénaire. Puis est venue l’immersion dans le jeu de rôle, les premiers jeux vidéo à l’effigie des X-Wing et chasseurs Tie. Vu la popularité des produits dérivés, les films sont relancés en versions spéciales augmentés d’effets digitaux et donnent à ma génération la chance de revivre les films au cinéma, bien que convaincre les filles de nous accompagner n’était pas encore facile à l’époque.

Les préquelles sont les premiers films à souffrir d’un vaste piratage, puisque les dates de lancement ne sont pas encore globales. On se retrouvait alors dans nos chambres d’ado à visionner des versions sombres, filmée avec les caméras du moment dans les salles américaines et distribuée sur un Internet jeune et lent. C’est grâce à la relance de Star Wars et le saut dans la technologie cinématographique que d’autres producteurs se sont lancés dans la réalisation de l’épopée du Seigneur des anneaux et l’adaptation d’innombrables comics, avec en premier, Spiderman. C’est ainsi que tout un monde s’est retrouvé à accepter des histoires et personnages autrement refoulés aux fantasmes enfantins.

Aujourd’hui porter des T-Shirt ou des chaussettes Star Wars donne lieu à des discussions avec les collègues, mais plus encore avec les élèves. Le collectionneur en moi se retrouve tenté par les multiples sorties de Lego de plus en plus complexes. Les produits dérivés décorent les recoins de la maison, des skateboards aux effigies des héros et protagonistes de la saga accompagnent la montée de l’escalier. Une version du droïde R2-D2 dispense du savon liquide près de l’évier de la cuisine.

La journée Star Wars est un moment utilisé par les porteurs de licence pour promouvoir leur derniers produits, certes, mais c’est aussi un moment qui donne la possibilité de se retrouver entre fans de la série et échanger des lignes de dialogue, de porter fièrement son T-Shirt favori, d’afficher son appartenance à la tribu des accros de la force sur les réseaux sociaux et pourquoi pas de séduire l’une ou l’autre par un des côtés de la force.»