LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Avec le confinement les entreprises ont migré massivement vers les services cloud

Depuis la mi-mars, l‘économie tourne au ralenti. Des milliers d’employés sont assignés à domicile, et quand ils les peuvent, télétravaillent. Si certaines entreprises avaient largement anticipé, en proposant des outils (laptop, accès à distance etc) et en autorisant le télétravail ponctuel à ses employés, d’autres se sont retrouvées devant le fait accompli et ont dû migrer rapidement leurs outils pour protéger les employés tout en faisant tourner leur entreprise.

L’accès à distance, le partage d’informations, tout cela repose sur la technologie du cloud. En quelques années, les entreprises sont passées de leurs propres serveurs informatiques, qui prennent de la place et qui nécessitent une équipe interne de service IT pour la maintenance, à une location de ces services.

Des opérateurs spécialisés s’occupent de stocker les données des entreprises, un peu comme un coffre-fort mais accessible à tout moment par l’entreprise. «Beaucoup d’entreprises qui avaient des serveurs en interne ont tout migré vers le cloud, et il n’y aura pas de retour en arrière», estime Xavier Buck, spécialiste de l’IT au Luxembourg, président d’EuroDNS et Datacenter.eu.

Pour l’opérateur, si cela veut dire une augmentation de l’activité avec le confinement, cela ne veut pas pour autant dire que la crise fait les affaires du business du cloud: «Oui l’activité a augmenté, surtout les premiers jours, des demandes d’augmentation de capacité surtout. Mais nous avons aussi des clients qui ont du mal à payer les factures actuellement, notamment le secteur du tourisme qui est un gros acteur et qui souffre énormément de cette crise», poursuit Xavier Buck.

La plupart des entreprises optent pour un mix entre «private» et «public», soit des serveurs contrôlés directement par l’entreprise pour les premiers, et des serveurs gérés par les trois gros poids-lourds mondiaux du secteur: AWS d’Amazon largement en tête, Azure de Microsoft et Google Cloud Platform.

Une certaine surchauffe, en France

Alors que du côté d’AWS on assure qu’en tant que leader du secteur les capacités sont largement disponibles, d’autres opérateurs ont pu atteindre une certaine surchauffe en cette période si particulière. «Azure a notamment souffert de limites de capacités, mais uniquement en France, précise Xavier Buck. L’outil Microsoft Teams a réduit la résolution de ses vidéoconférences, réduit le temps de vérification du statut des utilisateurs et ont ainsi optimisé leurs systèmes pour faire face».

POST a également constaté une forte augmentation au niveau des demandes de clients pour les solutions de collaboration en ligne et de visioconférence dans le Cloud (Cisco et Microsoft) suite au mesures mises en place pour lutter contre le COVID-19. Ces demandes proviennent de clients de toutes tailles et de secteurs d’activités variés.

En outre, «plusieurs entreprises, qui sont actuellement accompagnées par POST dans leur projet de digitalisation, ont accéléré l’implémentation des solutions nécessaires au télétravail et à la collaboration en ligne», précise la direction de l’opérateur public.

Les serveurs de POST sont par exemple utilisés à 90% pour des solutions ICT et des services Cloud élaborés, hébergées et opérées par POST (Hébergement de données, d’infrastructures et d’applications). Les 10% restants reviennent ainsi aux serveurs et softwares publics qui servent principalement aux outils de collaboration, les serveurs privés étant privilégiés pour le stockage de documents. POST a un partenariat privilégié avec Microsoft (Azure, Office 365) et avec Cisco (WebEx, Teams). Pour ce qui est des capacités, les opérateurs assurent que le Luxembourg est paré pour absorber cette augmentation inhabituelle de la demande.