LISBONNE
AUDREY SOMNARD

Lisbonne accueille le Web Summit cette semaine - Plus de 70.000 visiteurs attendus

La grand-messe de la tech européenne se donne rendez-vous dans la capitale portugaise. En quelques années, le Web Summit est devenu incontournable pour toute la profession. Lieu de rencontres, dernières tendances, intervenants prestigieux, c’est l’endroit où il faut être pour tout un secteur et plus encore. Alors que le Luxembourg pousse son écosystème de start-up depuis quelques années, une délégation sera présente dès le lancement de l’événement ce soir avec une cinquantaine de représentants d’entreprises.

Le Web Summit a été fondé en 2009 par les Irlandais Paddy Cosgrave, David Kelly et Daire Hickey, se tenant d’abord à Dublin, jusqu’en 2016, date à laquelle il a déménagé définitivement à Lisbonne. Entre-temps, le Web Summit est devenu l’un des événements technologiques les plus importants de la planète. Pour comparer avec le monde de la musique, le quotidien britannique «Guardian» a comparé le Web Summit avec Glastonbury. A Lisbonne, c’est un peu la même chose, mais pour le monde de la tech, la boue et les tentes en moins.

Les thèmes de la conférence sont centrés sur la technologie Internet, les technologies émergentes et le capital-risque. Parmi les conférenciers figurent des PDG, des experts en la matière, des célébrités et des politiciens, tels que Edward Snowden, la Commissaire européenne Margrethe Vestager qui donne des boutons aux Gafa, le négociateur en chef du Brexit Michel Barnier, le président de Microsoft, la CEO de Wikipedia, de Starling Bank ou encore la «Chief Digital Officer» d’Ikea, la liste est longue, très longue. Les partenaires du Web Summit vont des entreprises Fortune 500 aux start-up, avec des participants représentant tous les niveaux et secteurs de l’industrie mondiale de la haute technologie.

Peu de start-up luxembourgeoises

Avec quasi 70.000 visiteurs pour l’édition 2018, c’est un événement à la taille d’une ville qu’il va falloir gérer pendant ces quelques jours. Tech oblige, tout est regroupé sur une application.

Fini les tickets d’entrée papier ou les cartes de visite, l’application téléchargée en amont sur son smartphone permet de se repérer dans la jungle du site, de gérer son programme de conférences et de workshops, d’alimenter son réseau et contactant directement les autres participants. Emmenée par la Chambre de Commerce, la délégation luxembourgeoise arrive aujourd’hui au lancement ce soir de la conférence, avec les interventions du lanceur d’alerte Edward Snowden et du vice-président du conseil d’administration de Huawei, Guo Ping. Parmi la cinquantaine d’entreprises de la délégation, finalement peu de start-up luxembourgeoises sont présentes. Jean-Michel Ludwig, directeur en charge du «Business Development» chez Luxinnovation, s’en explique: «Le Web Summit est un événement B2C («Business to consumer») quand la plupart des start-up luxembourgeoises sont plutôt sur le secteur B2B («Business to business»). Mais le Web Summit est un peu victime de son succès, si bien que le retour des start-up que nous avons fait état d’une flambée des prix que les petites structures ne peuvent pas absorber, elles seraient noyées au milieu de la masse».

En effet, obtenir un ticket pour l’événement n’est pas bon marché. Il faut débourser 1.500 euros pour une personne seule, quasi 5.000 euros quand on est dirigeant d’entreprise. Pour la délégation luxembourgeoise, le but est d’unir ses forces, de se montrer, d’essayer de capter les entreprises intéressées par l’écosystème luxembourgeois, mais aussi surtout de capter les nouvelles tendances.

Ainsi, les Luxembourgeois organisent demain une soirée en marge du Web Summit, avec des pitchs d’investisseurs luxembourgeois qui vont présenter le pays et l’écosystème, suivi d’une table ronde qui mettra en lumière les points forts de la place.