LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

ADA et l’Université de Luxembourg forment en ce moment des professionnels de la microfinance venus du monde entier

Supervision, droit, véhicules d’investissements mais aussi règlementations bancaires: voilà les matières qui attendent la petite trentaine de participants au Certificat en droit et en régulation en finance inclusive, dont le coup d’envoi a été donné lundi matin. Organisée conjointement par l’ONG ADA (Appui au développement autonome) et l’Université du Luxembourg, cette formation se tient jusqu’au 25 janvier dans les locaux de l’Uni.lu mais aussi dans ceux des partenaires de l’opération, à savoir Arendt & Medernach ainsi que la BEI (Banque européenne d’investissement).

«Cette formation est très pertinente pour ma carrière», a expliqué lundi midi Kiconco Passy, venue suivre le programme depuis l’Ouganda. «Je travaille dans une banque traditionnelle mais nous souhaitons désormais être inclusifs et nous développer dans la microfinance», a expliqué la femme de 38 ans.

Sur les 28 participants inscrits, une majorité provient de pays africains tels que l’Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, l’Ethiopie, la Guinée équatoriale, la Guinée, le Mozambique, le Niger, le Nigéria, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Tunisie et l’Ouganda. «Les pays d’Asie et d’Amérique latine sont des pays plus avancés au niveau de la règlementation», selon le directeur exécutif d’ADA, Olivier Massart.

Des formateurs venus d’horizons variés

Au total, plus de 50 candidats se sont présentés pour suivre la formation mais seuls 28 ont été retenus. D’une part, il y a les personnes envoyées par leur employeur, comme des banques ou des institutions de microfinance. Et d’autre part, certains participants ont bénéficié d’une bourse pour suivre la formation et répondre aux frais de déplacement et d’hébergement. Selon Olivier Massart, un participant sur deux est dans ce cas de figure.

«C’est souvent les pays qui en ont le plus besoin qui ont le moins de moyens», a pointé le directeur exécutif d’ADA, insistant sur la nécessité de sensibiliser davantage de sponsors. «Notre but, c’est d’être un catalyseur, de partager nos connaissances du terrain», a-t-il insisté.

D’ailleurs, les formateurs de la session proviennent tantôt d’institutions de microfinance, tantôt de régulateurs où ils viennent présenter des cas concrets. «Cela offre deux points de vue différents», a souligné la coordinatrice du programme de R&D au sein d’ADA, Linda Szelest. Certains moniteurs participeront d’ailleurs au prochain Midi de la Microfinance, prévu le 24 janvier à la Banque de Luxembourg.

«Il y a une grande carence dans le cadre règlementaire et les capacités dans le suivi administratif», a relevé pour sa part le doyen de l’Institut de la BEI, Francisco de Paula Coelho. Voilà pourquoi l’institution soutient cette formation via la mise à disposition de formateurs et de locaux dans lesquels certaines sessions ont lieu. Car si la BEI est connue pour ses prêts au sein de l’UE, l’institution octroie entre 10% et 15% de son volume annuel de financements qui varie entre 70 et 80 milliards d’euros dans des financements au-delà des 28.

Cette formation est la deuxième organisée au Luxembourg, après une première en 2017 qui avait attiré 23 participants. Une troisième édition est d’ores et déjà dans le pipeline.

 

www.ada-microfinance.lu