LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le premier cours de la Chaire ADA a eu lieu hier

L’étude de la finance inclusive figure désormais au programme de l’Université du Luxembourg avec le Certificat en Droit et Règlementation de la finance inclusive de la Chaire ADA (Appui au Développement Autonome). Le cursus a débuté hier et se poursuivra jusqu’au 27 janvier. Son objectif? Approfondir les connaissances et les compétences spécifiques, ainsi qu’assurer la prise de conscience du droit et de la règlementation dans la finance inclusive. «Aujourd’hui, c’est le bon moment pour construire la règlementation d’autant vu l’arrivée de nouvelles formes d’acteurs en finance inclusive» comme les micro-assureurs ou les fintech, explique le directeur exécutif d’ADA, Olivier Massart.

L’ONG soutenue par le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères s’est donc associée avec la faculté de Droit, d’Economie et de Finance de l’Université du Luxembourg pour créer cette Chaire ADA. Elle accueille 22 étudiants issus d’horizons et de contrées variées: ils sont cadres, régulateurs, intermédiaires financiers et actifs dans la finance inclusive et cela, de seize nationalités différentes. Ce cursus - facturé 6.000 euros - prend place dans les locaux d’ADA, de l’Uni.lu et à la Banque Européenne d’Investissement (BEI).

De la recherche au terrain

Principal domicile européen des fonds de microfinance, le Luxembourg a d’autres cordes à son arc en ce qui concerne la microfinance. «Ce qu’on apprend de la recherche, on l’apporte sur le terrain», insiste Olivier Massart. Une recherche d’autant plus importante que des lacunes persistent: «Il y a un écart aujourd’hui entre les lois et règlementations d’une part et le développement des services de finance inclusive d’autre part», pointe la directrice adjointe d’ADA Laura Foschi. Ainsi en Afrique, ADA a vu un projet de leasing d’équipements agricoles stoppé vu l’absence de cadre légal en la matière.

«Il y a un besoin d’être plus proche des régulateurs et les aider à comprendre l’environnement de la finance inclusive», insiste Laura Foschi. Voilà pourquoi le programme des cours met l’accent sur le droit et la règlementation. «Je n’ai rien vu de semblable ailleurs», assure le président de la Chaire ADA et professeur à l’Uni.lu, Dirk Zetzsche. Il donne d’ailleurs une partie des cours du programme et l’assure, «nous avons suffisamment de personnes qui nous ont témoigné leur intérêt pour l’a prochain». Mais avant de réitérer l’expérience, le président souhaite analyser les feedbacks des participants.

Ceux-ci devraient profiter de ces deux semaines de formation pour échanger au sujet de leurs expériences dans la finance inclusive. Quant à la Chaire, elle s’inscrit pleinement dans la stratégie de recherche d’ADA. «Nous voulons essayer d’établir un centre d’expertise dans la finance inclusive», insiste le professeur Dirk Zetzsche.

www.ada-microfinance.org