BETTEMBOURG
CLAUDE KARGER

Ce sont des panneaux ultrafins avec, à l’intérieur, un liquide teinté en vert ou en orange. Difficile à imaginer, mais ce liquide produit de l’énergie grâce à un processus proche de la photosynthèse qui permet aux plantes de synthétiser de la matière organique en utilisant la lumière. Le Professeur Michael Gräetzel, Directeur du Laboratoire Photonique et Interfaces à l’Ecole Polytechnique de Lausanne, a passé l’essentiel de sa carrière à affiner cette nouvelle technologie dont la clé de voûte est l’oxyde de titane, un semi-conducteur qui photo-dissocie l’eau en oxygène et hydrogène. Un processus au cours duquel de l’énergie est générée. Bien que le chimiste allemand soit arrivé déjà en 1991 à concevoir une première version exploitable de cette technologie, il aura fallu attendre 25 ans pour que des entrepreneurs se trouvent pour en lancer la production industrielle de ces cellules révolutionnaires à plusieurs égards. Ainsi, la fabrication nécessite beaucoup moins de ressources que les cellules solaires en silicium et produit par conséquent beaucoup moins de CO2. Par ailleurs, les panneaux sont beaucoup plus légers et les possibilités de les poser sont beaucoup plus variées.
Ils peuvent par exemple être intégrés à des bâtiments en guise de fenêtres. Ensuite, ils peuvent être recyclées facilement: d’après leur inventeur, les plaques de verre renfermant le pigment photosensible peuvent être décollées afin de remplacer ce liquide, sur lequel Grätzel continue de travailler pour obtenir des rendements beaucoup plus importants. Selon le professeur, il a pu atteindre un rendement de 28% à lumière ambiante, soit plus que les cellules au silicium - et la marge de progression serait de 100%. Chez Neobuild, on suit cette technologie de près. Et elle devrait intégrer la nouvelle serre dont l’installation devrait s’achever en juillet.