LUXEMBOURG
TRACY HEINDRICHS

«Chaild» est le projet solo d’Adriano Lopes da Silva, un jeune artiste luxembourgeois

Depuis sa renaissance en avril 2019, «Chaild», le projet du jeune Luxembourgeois Adriano Lopes da Silva, n’a cessé de monter en flèche: jouer la première partie de Dean Lewis à l’Atelier, ou encore rester dans les charts pendant onze semaines consécutives ne sont que quelques exploits que le jeune homme de vingt ans a collectionnés depuis le printemps. Basé à Liverpool, où il étudie à la «Liverpool Institute of Performing Arts», une école d’arts fondée par Paul McCartney, Adriano continue à développer son style: une pop mélancolique et atmosphérique, inspirée d’icônes de la pop comme Sia ou Lana Del Rey.

Un parcours tracé et retracé

Clairement, la musique a toujours fait partie de la vie d’Adriano. A l’âge de sept ans, il commence les cours de piano et suit une formation traditionnelle de musique. Quelques années plus tard, vers l’âge de treize ans, le jeune interprète écrit ses premières chansons, qui dès le départ se basent autour des thèmes de l’identité, des émotions et du rôle d’artiste. A dix-huit ans, Adriano débute sa carrière de pop sous le pseudonyme «Adrian», avec moins de succès qu’espéré.

«Ça ne fonctionnait pas vraiment. Je galérais, surtout parce que j’avais du mal à me définir, et à accepter qui je suis. Mais quand j’ai rencontré mon équipe actuelle chez Foqus au printemps, j’ai pu reprendre à zéro avec le bon encadrement. C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à accepter ma personne et ma sexualité, ce qui m’a donné de meilleures bases sur lesquelles construire mon nouveau projet». C’est ainsi que Chaild voit le jour.

La philosophie de Chaild - qui phonétiquement signifie «enfant» en anglais - n’est pas aussi enfantine que son nom pourrait insinuer. Au contraire, une certaine maturité émane de la vision de l’artiste: selon Adriano, un enfant voit le monde dans toute sa beauté, et prend le temps de tout enregistrer. Il accepte les choses telles qu’elles se présentent, contrairement aux adultes, qui eux se laissent envahir par les problèmes et préjugés. Le but de Chaild, c’est de transmettre la beauté qu’il perçoit toujours autour de lui aux autres qui l’auraient peut-être oubliée.

Un soutien indispensable

S’il y a une chose qu’on ne peut reprocher au jeune homme, mis-à-part son esthétique impeccable et unique, c’est sa gratitude pour les gens autour de lui. Alors qu’il partage son temps entre une carrière d’artiste et des études où il apprend toutes les cordes du métier, Adriano admet qu’il ne serait jamais arrivé aussi loin sans son équipe ou sa fanbase. «Mon leitmotiv dans la vie, c’est “Make it happen”. Quand je veux atteindre un but, je travaille dur, quoi qu’il en soit. Mais je ne serais jamais arrivé aussi loin seul».

D’une part, Adriano crédite son équipe chez Focus, qui le soutient énormément au niveau de l’organisation de ses concerts et bookings. D’autre part, les personnes qu’il rencontre à son école - la LIPA - l’inspirent de par leurs ambitions, leur créativité et folie. Le fait que la LIPA encourage ses élèves à se créer une carrière lors des cours - quitte à partir en tournée en plein semestre scolaire - aide aussi beaucoup Adriano.

Mais ce sont en grande partie ses fans de la première heure qui lui ont permis de continuer, dit-il. Lors de sa période difficile avec le projet «Adrian», ses fans ont continué de le soutenir et l’apprécier, alors que les gens du milieu artistique l’ignoraient. Chaild attribue également son évolution et amélioration à ses fans: «On vit dans une époque géniale, parce que tu peux publier tes chansons en ligne sans passer par une maison de disques. Du coup, ça te permet de créer des liens forts et personnels avec ton public. Ce public partagera des extraits de tes chansons en ligne, ce qui attirera encore plus de gens. Et puis, il te dira ce qu’il pense de tes chansons». La fanbase qu’Adriano s’est construite au cours des années lui est précieuse, ce qui a pour conséquence qu’il tente de passer au moins une heure tous les soirs à échanger avec eux sur les réseaux sociaux. Un effort considérable, mais tout à fait essentiel selon Chaild.

Une carrière internationale?

Même si Chaild a de grandes ambitions et des rêves de Grammy awards, le jeune homme reste humble et fier de ses origines luxembourgeoises. Pour lui, l’état luxembourgeois soutient énormément les artistes locaux - plus qu’aucun autre pays - et leur permet d’évoluer dans des milieux extrêmement professionnels aussi.

Par conséquent, Adriano se permet de viser plus loin que le marché luxembourgeois. «Chaild n’existe que depuis avril de cette année, et j’ai déjà joué partout dans ce pays». Malgré sa reconnaissance pour ces opportunités locales, Chaild considère qu’il faut sortir du confort du Luxembourg pour continuer de se développer. «A l’étranger, personne ne me connait, ce qui me permet à la fois d’explorer mon identité artistique encore plus, et de faire mes preuves devant un nouveau public qui ne me connait pas depuis toujours». Du coup, même si sa fanbase luxembourgeoise, qui lui est fidèle depuis la première heure, lui est chère, Adriano veut s’exporter dans le marché européen à partir de l’année prochaine, en commençant par la Grande Région.

Une première tête d’affiche

En attendant de conquérir les pays environnants, Chaild s’est produit au Sonic Vision vendredi dernier, et va monter sur scène aux Rotondes le 23 novembre, pour son premier concert en tant que tête d’affiche. «C’est un cadeau que j’aimerais faire à mes fans du tout début. J’espère qu’ils apprécieront cette expérience inédite autant que moi». Ce show, plus long et élaboré que ses concerts précédents, permettra aussi à un nouveau public de découvrir un talent local, qui un jour sera peut-être international.

www.iamchaild.com