CHICAGO
BRANDON SMITH (SPARKNEWS)

Lanzatech tire profit de la fermentation des déchets industriels pour produire du carburant

Chicago Dans les laboratoires de LanzaTech, au siège de la société situé aux abords de Chicago, un liquide laiteux est remué dans un cylindre en acier et en plastique. Il contient des millions de bactéries capables de transformer les gaz résiduels issus de l’activité industrielle en biocarburants pouvant être utilisés par des voitures ou même par des avions.

Jusqu’à aujourd’hui, l’éthanol et les autres biocarburants étaient principalement produits à base de plantes telles que le maïs ou le soja, qui nécessitaient des terres cultivables précieuses et de l’eau tout en déplaçant les cultures vivrières. En cherchant une source de production alternative, LanzaTech a mis à jour des micro-organismes naturels qui se développent à partir de gaz au lieu de sucres. L’entreprise installe des fermenteurs dans des usines pour recycler les gaz résiduels qui normalement seraient à effet de serre en les transformant en carburant.

«Notre premier slogan était: Les déchets, ça n’existe pas», explique Sean Simpson, un biologiste qui a cofondé la société en Nouvelle-Zélande en 2005. Il compare le processus à la reconversion d’une aciérie en une brasserie. Le carbone est toujours rejeté dans l’atmosphère en aval quand l’éthanol est brûlé sous forme de carburant pour véhicules. Mais Simpson avance qu’en remplaçant le pétrole comme source de carburant, le biocarburant rejette au moins 60% de CO2 en moins dans l’air que l’essence. La technologie LanzaTech peut même gazéifier les déchets mis en décharge et utiliser le gaz de synthèse ainsi produit pour fabriquer des carburants utilisables par les camions à ordure - l’économie circulaire à l’état pur.

Réduire l’empreinte carboneet les substances toxiques

Le PDG de la société, Jennifer Holmgren ajoute qu’«un fermenteur installé dans une aciérie peut produire assez de carburant pour alimenter 100.000 voitures en un an, et les émissions de ce carburant équivaudraient à celles de 20.000 voitures. Appliquer cela à toutes les aciéries de Chine reviendrait à retirer onze millions de véhicules de la circulation.» Au-delà de la réduction de l’empreinte carbone d’une usine, la technologie LanzaTech permet de diminuer la présence de substances polluantes toxiques recrachées dans l’air telles que les oxydes d’azote et les oxydes de soufre. Alors que les modes de transport terrestre reposent de plus en plus sur l’électricité, LanzaTech développe des technologies permettant de produire du carburant d’aviation à faible teneur en carbone.

Bien que LanzaTech ne soit toujours pas rentable, l’entreprise a levé plus de 200 millions de dollars de capital-risque répartis sur quatre cycles de financement.

L’important potentiel de la technologie a été reconnu à Davos où la société a remporté le «Young Global Leader Award for Circular Economy Entrepreneur» (Prix jeune leader mondial pour l’entrepreneuriat en économie circulaire) lors du programme 2016 des Circulars Awards.

LanzaTech travaille avec les industries rejetant des gaz riches en carbone telles que la production sidérurgique, le raffinage du pétrole et la production chimique. Plutôt que de se rendre propriétaires des fermenteurs dont le coût peut atteindre 50 millions de dollars par unité, la société octroie des licences technologiques et aide les entreprises lors de l’installation. Elle possède plus de 200 brevets internationaux.

Brandon Smith (Sparknews)