LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La reprise ne sera que progressive, prévient le Statec dans sa note de conjoncture

Cela fait des années que l’on entend parler de la crise dans la zone euro et pourtant, le Luxembourg parvient (de justesse) à sortir la tête de l’eau. Si la croissance du PIB s’est davantage apparentée à une stagnation en 2013 (0,3%), elle devrait prendre une autre allure dès cette année, pour laquelle le Statec table sur 1%. Mais le véritable coup de fouet n’arrivera qu’en 2014, avec 2,3% de croissance espérée. Cependant, 2015 sonne l’arrivée de multiples mesures qui vont peser sur la santé économique luxembourgeoise, et l’institut prévoit donc un ralentissement de la croissance avant une reprise pour l’année suivante.

Chère TVA

D’un côté, la hausse de la TVA sur l’e-commerce devrait impacter les finances du pays à hauteur de 700 millions d’euros en 2015, soit 1,4% du PIB. Cela met sévèrement à mal le Luxembourg face aux exigences européennes, qui réclament un excédent structurel de 0,5% du PIB. Si l’objectif devrait être atteint cette année, le solde structurel sera réduit en 2014 et carrément négatif en 2015 et 2016, prévient le Statec.

Autre grand changement attendu en 2015: la levée du secret bancaire. Le Statec n’a pas pris en compte ce paramètre dans ses prévisions, mais assure qu’il sera pris en compte «à un stade ultérieur.» Le partage des informations sera, à coup sûr, un élément majeur qui jouera sur la santé économique du Grand-Duché. Aussi, la hausse de la TVA va peser sur les prix à la consommation.

Moins de frontaliers

Sur le front de l’emploi, la croissance est toujours de mise mais de manière beaucoup moins dynamique. D’ailleurs, les travailleurs résidents devancent désormais les frontaliers, et cela dans un contexte particulier. «Il y a une rétention d’emploi par les entreprises pour les profils très qualifiés», détaille Bastien Larue du Statec. En parallèle, l’emploi à temps partiel ou à mi-temps progresse. Du côté des salaires, le Luxembourg vit une «configuration inédite depuis 1970», puisque les salaires réels diminuent de 1% en rythme annuel depuis 2011. Le retour à la hausse? Les analystes tablent sur 2014, mais à un rythme moins soutenu que par le passé, tempèrent-ils d’emblée.

Quant au chômage, il devrait entamer sa courbe descendante en 2015, mais à deux conditions. Primo, que le taux d’activité et la part des frontaliers dans l’emploi intérieur se stabilisent. Secundo, si le taux de migration nette connaît une baisse progressive. «Nonobstant, le chômage resterait élevé en 2016, à près de 6,5% de la population active, voire même 8,5% en tenant compte des personnes bénéficiaires de mesure pour l’emploi», souligne le Statec dans sa note de conjoncture.
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