BASCHARAGE
CATHERINE KURZAWA

Pour accroître ses ventes, la Brasserie Nationale fourbit ses armes

En vert avant de lever leur verre: les responsables de la Brasserie Nationale ont tous accessoirisé leur tenue aux couleurs de la Bofferding mercredi à l’occasion de la présentation des résultats annuels de l’entreprise. Celle-ci a écoulé l’an dernier 157.600 hl de bière, en hausse de 2,2% par rapport à 2018. Une tendance positive aussi du côté du chiffre d’affaires qui a atteint près de 11 millions d’euros soit une progression de 2%. «Il importe avant tout d’assurer la pérennité et non les résultats financiers immédiats», a commenté le directeur général du groupe, Frédéric de Radiguès. Celui-ci a distillé sa recette pour continuer à croître dans un marché où mondialement, la production a décliné de 1,9% en 2018 pour atteindre 1,9 milliard d’hectolitres.

«En 2020, l’orge bio couvrira 50% de nos besoins», dit Frédéric de Radiguès, Directeur général de la Brasserie Nationale Photo: Editpress/Tania Feller - Lëtzebuerger Journal
«En 2020, l’orge bio couvrira 50% de nos besoins», dit Frédéric de Radiguès, Directeur général de la Brasserie Nationale Photo: Editpress/Tania Feller

Vaste zone de chalandise

La Brasserie Nationale mise d’abord sur son marché: il s’étend bien au-delà du Grand-Duché puisque ses produits s’écoulent aussi dans le sud de la Belgique, le nord de la France et le Grand Est. Cet ensemble pèse 7,9 millions d’hectolitres et l’entreprise luxembourgeoise dit avoir exporté pour plus de 30.000 hl soit une maigre part de marché de l’ordre de 0,4%.

Au Luxembourg, l’entreprise a écoulé 54% des 288.823 hl produits dans l’ensemble l’an dernier. Cette production signe un déclin de 4.000 hl dans un marché qui fait figure d’exception en Europe puisque la moitié des 469.000 hl vendus sont le fruit de bières importées.

Gamme remaniée

Les produits comptent beaucoup puisque la Brasserie développe ses bières spéciales à côté de sa marque phare, Bofferding. Celle-ci pèse 64% des ventes loin devant Battin (35%) et la Funck-Bricher (1%). «Aujourd’hui, cette marque a largement dépassé les 2.000 hl et de plus en plus de consommateurs sont fidèles à cette marque», affirme Frédéric de Radiguès au sujet de cette bière bio.

Si la Bofferding Hop! a douché les attentes de la direction avec de son aveu même des volumes décevants, l’heure est à présent à la bière bio pour laquelle l’orge proviendra en 2020 pour la première fois de producteurs luxembourgeois. «En 2020, l’orge bio couvrira 50% de nos besoins», avance le directeur qui vise les 100% à terme mais avec deux variables: la disponibilité des agriculteurs (ils sont actuellement quatre impliqués) et le climat, qui doit nécessairement être sec pour obtenir un bon produit.

L’intérêt pour les micro-brasseries est croissant au Luxembourg et l’entreprise basée à Bascharage ne peut l’ignorer. Elle a acquis l’an dernier l’une de ces néo-structures et ambitionne de la rendre opérationnelle au 3e trimestre de cette année. «L’objectif est de pouvoir tester plus de petits brassins afin d’être plus réactif sur le marché», confie Frédéric de Radiguès.

De nouveaux produits se profilent à l’horizon aussi au niveau des bières faiblement ou pas alcoolisées qui sont – elles aussi – dans l’air du temps. Actuellement, la Brasserie Nationale distribue la marque allemande Clausthaler mais «nous examinons d’autres projets dans le domaine du sans alcool», confie son directeur.

Investissements à la pelle

Le groupe a déboursé 9,7 millions d’euros l’an dernier dans du nouveau matériel comme une cave à levure, une soutireuse pour fûts, des compresseurs, une installation de rinçage et de nettoyage des bouteilles. «Il n’y a plus rien à remplacer», glisse le sourire aux lèvres le directeur qui espère accroître les économies d’énergie avec ce nouveau matériel.

Au total, la Brasserie Nationale comptait l’an dernier 27 salariés soit trois de moins qu’en 2018. «Des mouvements temporaires», assure la direction qui a toutefois vu son résultat opérationnel (Ebitda) refluer de 5,2% à 3,8 millions d’euros.

Photo: Shutterstock - Lëtzebuerger Journal
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Le vert est dans le verre

Les aspects de durabilité prennent de l’ampleur dans le milieu brassicole


BASCHARAGE En 2019, l’équivalent de la consommation énergétique de 52 ménages de quatre personnes a été économisé au sein de la Brasserie Nationale qui entend continuer sur sa lancée. Déjà en 2018, le compteur avait atteint l’équivalent de 30 ménages mais un an plus tard, quelque 116.928 kWh d’électricité et 48.580 kWh de gaz ont été économisés tandis que les installations photovoltaïques ont permis de générer 31.110 kWh d’électricité.
A côté de la Brasserie Nationale, sa filiale de distribution le groupe Munhowen entend aussi réduire son impact environnemental. Ainsi l’import de la bière portugaise Super Bock se fait à présent par bateau plutôt que par camion, permettant de réduire de 85% l’empreinte carbone de cette opération. Quant à l’eau pétillante italienne San Pellegrino, elle arrive désormais au Luxembourg en train plutôt qu’en camion.

Transparence annoncée

La protection environnementale figure aussi à l’ordre du jour des Brasseurs européens qui publieront un rapport sur les actions menées par leurs membres en la matière. La diffusion est prévue le 5 juin prochain, à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Environnement.
L’information du public est aussi de mise puisque le groupement s’est engagé à afficher les ingrédients et les données énergétiques des produits d’ici à 2022 sur l’ensemble des bières. Le mouvement est déjà en marche puisqu’actuellement, 85% des bières affichent les ingrédients et 60% l’énergie. CK

Brasserie nationale

Un cocktail de marques

Bofferding, Battin et Funck-Bricher représentent certes 54% des bières brassées au Luxembourg, mais avec une prédominance marquée de la bouteille à l’étiquette verte qui pèse 64% du volume, devant Battin (35%) et Funck-Bricher (1%). La direction affirme que Battin fait figure de challenger des pils Diekirch et Bofferding. Mais le marché est aussi occupé par des micro-brasseries: une dizaine d’entités sont répertoriées. La Brasserie Nationale a signé 10,9 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019, en hausse de 2% sur un an tandis que son résultat opérationnel (Ebitda) s’est affaibli de 5,2% à 3,8 millions d’euros. CK
Munhowen

Croissance globale

En 2019, les revenus de la filiale de distribution de la Brasserie Nationale se sont élevés de 1,5% à 79,3 millions d’euros. Munhowen compte 233 salariés actifs aussi bien dans son réseau de livraison des établissements Horesca que dans ses propres points de vente. A ce sujet, une 3e vinothèque Le Chai a ouvert en décembre au Kirchberg tandis qu’en grande distribution, les ventes ont gonflé de 3,2% sur un an. Quant au segment de l’Horesca, 3,6 millions d’euros ont été investis dans la Grande Région où 158 nouveaux contrats ont été signés avec des points de ventes, représentant une croissance du volume de 1.555 hl. Le groupe totalise 2.394 débits à ce jour. CK