LUXEMBOURG
PIERRE SECK

Deuxième partie: de 1980 à nos jours

Après une première partie dédiée à l‘évolution du monde de la recherche scientifique au Luxembourg depuis 1815, Pierre Seck revient à présent sur les développements depuis 1980. Le premier text est paru dans notre édition du 22 août, vous retrouverez le texte intégral bientôt sur notre site www.journal.lu, - la rédaction.

Il est essentiel de parler de la période de 1980 à 1987, puisqu’elle permet de comprendre ce qui a été mis en place à partir de 1987 dans le domaine de la recherche scientifique au Luxembourg. Les points clefs de cette période sont:

-la mise en place d‘équipes de chercheurs en biologie, chimie, mathématiques et physique au Département des sciences du Centre Universitaire de Luxembourg, centre créé finalement par la loi du 11 février 1974;

-la création de centres de recherche appliquée à l’instar des instituts Fraunhofer allemands dans le cadre de la loi du 9 mars 1987 - Voient ainsi le jour: le Centre de Recherche Public Centre Universitaire, appelé après l’année 2000 «Centre de Recherche Public Gabriel-Lippmann»; le Centre de Recherche Public Henri Tudor, fusionné en 2015 avec le Centre de Recherche Public Gabriel-Lippmann; la nouvelle entité s’appelant dorénavant «Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST)»; le Centre de Recherche Public Santé, appelé après 2015 «Luxembourg Institute of Health (LIH)»

-la construction du bâtiment des sciences du Centre Universitaire de Luxembourg de 1987 à 1992, permettant d’abriter les laboratoires de recherche «analyse des matériaux» et «environnement» du Centre de Recherche Public Centre Universitaire, mais aussi le laboratoire de recherche de la Fondation «Recherche Cancer et Sang» et le laboratoire de toxicologie du Laboratoire National de Santé.

Le saut universitaire

Les Centres de Recherche Publics se développant de plus en plus, le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg commence peu à peu à comprendre l’intérêt d’une recherche dans le pays, voire l’intérêt d’un enseignement universitaire autochtone.

Après une réforme du Centre Universitaire de Luxembourg par la loi de 1996, l’Université du Luxembourg est créée par la loi de 2003 qui réunit le Centre Universitaire de Luxembourg avec les trois autres institutions d’enseignement supérieur du pays à savoir:

-l’Institut Supérieur de Technologie (IST)

-l’Institut Supérieur d’Etudes et de Recherches Pédagogiques (ISERP)

-l’Institut d’Etudes Educatives et Sociales (IEES).

Cette loi de l’Université du Luxembourg prévoit la création de trois facultés à savoir:

-la Faculté de Droit, d’Economie et de Finance (FDEF)

-la Faculté des Lettres, des Sciences humaines, des Arts et des Sciences de l‘éducation (FLSHASE)

-la Faculté des Sciences, de la Technologie et de la Communication (FSTC)

ainsi que la création de trois centres de recherche interdisciplinaires qui sont aujourd’hui:

-le «Interdisciplinary Center for Security, Reliability and Trust» (SnT)

-le «Luxembourg Centre for Systems Biomedicine» (LCSB)

-le «Luxembourg Center for Contemporary and Digital History» (C2DH)

La recherche en sciences au Grand-Duché de Luxembourg se passe ainsi en 2018:

-à la Faculté des Sciences, de la Technologie et de la Communication de l’Université du Luxembourg dans le cadre de ses cinq unités de recherche (URS) qui sont: la «Computer Science and Communications Research Unit», l’Unité de recherche en ingénierie, l’Unité de recherche en mathématiques, l’Unité de recherche en physique l’Unité de recherche en sciences de la vie et qui comprennent de l’ordre de 365 chercheurs en 2017;

-dans le cadre des centres interdisciplinaires de l’Université du Luxembourg à savoir: le «Interdiscipliary Centre for Security, Reliability and Trust» avec quelque 187 chercheurs en 2017; le «Luxembourg Centre for Systems Biomedicine» avec quelque 144 chercheurs en 2017. Le nombre total de chercheurs en sciences de l’Université du Luxembourg s‘élève ainsi à quelque 700 personnes ayant à leur disposition un budget de quelque 100 millions d’euros;

-au «Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST)» dans le cadre de ses trois départements qui sont: le «Environmental Research and Innovation» department (ERIN) avec quelque 162 chercheurs en 2017, le «IT Innovative Services department» (ITIS) avec quelque 98 chercheurs en 2017, le «Materials Research and Technology» department (MRT) avec quelque 176 chercheurs en 2018;

Le nombre total de chercheurs en sciences du LIST étant ainsi de quelque 400 personnes ayant à leur disposition un budget de quelque 100 millions d’euros.

-au «Luxembourg Institute of Health (LIH)» dans le cadre de ses quatre départements qui sont: le «Department of Infection and Immunity» avec quelque 56 chercheurs en 2017, le «Department of Oncology» avec quelque 66 chercheurs en 2017, le «Department of Population Health» avec quelque 52 chercheurs en 2017, la «Integrated Biobank of Luxembourg » avec quelque 12 chercheurs en 2017. Le nombre total de chercheurs du LIH étant ainsi de quelque 180 personnes ayant à leur disposition un budget de quelque 50 millions d’euros.

-au Laboratoire National de Santé (LNS) du Luxembourg dans le cadre de ses six départements qui sont: le Département de microbiologie, le Département de pathologie morphologique et moléculaire, le Département de génétique, le Département de biologie médicale, le Département de médecine légale, le Département des laboratoires/protection de la santé. Le personnel du laboratoire National de Santé est de quelque 230 personnes et le budget du LNS se chiffre à quelque 60 millions d’euros.

-au Musée National d’Histoire Naturelle du Luxembourg dans le cadre de son centre de recherche scientifique qui comprend deux départements à savoir: le département des sciences de la terre, le département des sciences de la vie. Les travaux de recherche sont effectués par le personnel du musée (quelque 30 personnes) et des scientifiques externes (quelque 200 personnes).

-au laboratoire de la fondation «Recherche Cancer et Sang» avec quelque 30 chercheurs et un budget d’un million d’euros environ, moyens financiers provenant uniquement de donations privées.

En conclusion, le Grand-Duché de Luxembourg investit en 2017 voire 2018 quelque 300 millions d’euros dans la recherche en sciences qui est réalisée par quelque 1.800 chercheurs (hommes/femmes).

Une grande partie de ces moyens financiers provient du Fonds National de Recherche du Luxembourg créé en 2000 afin de soutenir la recherche publique au Grand-Duché.

On peut noter aussi que la réalisation du campus universitaire d’Esch/Belval a coûté à ce jour plus d’un milliard d’euros aux contribuables luxembourgeois.

L’auteur est professeur émérite de l’Université du Luxembourg, Président de la Section des sciences naturelles, physiques et mathématiques de l’Institut Grand-ducal et actuel président de Cet Institut