BERTRANGE
CATHERINE KURZAWA

Le géant néerlandais se recentre sur les technologies au service de la médecine

Du haut de ses 129 ans, Philips en a vu des changements. Le géant néerlandais de l’ampoule puis de l’électroménager prend ces dernières années un nouveau virage en se concentrant sur les équipements médicaux. «La santé, c’est clairement le futur de Philips», confirme d’ailleurs Frank Dendas, directeur commercial du groupe pour le Belux qui a lui-même suivi cette transition de près, puisqu’après 27 années passées au sein de la division dédiée aux produits de grande consommation, il a migré vers les systèmes de santé.

De la tomographie par ordinateur à l’imagerie diagnostique et moléculaire, le groupe d’Eindhoven se positionne sur les produits de santé connectés, aussi bien à destination des membres du corps médical que du grand public. «Notre vision, c’est d’améliorer la vie de 3 milliards de personnes sur terre avec des innovations durables», surenchérit le directeur. Des produits incitant à un mode de vie sain comme des friteuses sans graisse à des formules préventives comme des brosses à dents électriques connectées, la marque propose une panoplie de produits aux consommateurs. Quant aux professionnels de la santé, des appareils de diagnostic et de traitement sont développés et vendus aux quatre coins du globe. Philips revendique ainsi le leadership mondial sur le segment des appareils d’échographie, des systèmes de guidage en temps réel par l’imagerie et de périphériques de guidage en temps réel par l’imagerie. Idem pour ses solutions en soins du sommeil, en soins respiratoires et en monitoring des patients. Quant aux solutions de santé à domicile, Philips tire son épingle du jeu en soins de la mère et de l’enfant, en soins masculins et en santé bucco-dentaire.

Les TV et les ampoules débranchées

«Nous jouons sur nos forces sur base de notre expérience passée», commente Jeroen Gaudissabois, «Brand Communications & Digital Manager» chez Philips.

L’entreprise capitalise donc sur sa marque, bien connue en Europe, mais dont le core business a bien évolué. Elle s’est totalement désengagée du segment télévisions tout comme celle de l’éclairage. Aujourd’hui, les diagnostics et traitement représentent 40% de ses activités, tout comme la santé personnelle (40%) et la santé connectée (17%).

«Tout ce qui va dans la direction de la santé et peut compléter notre portfolio, nous ne sommes pas effrayés de l’acheter», ajoute Frank Dendas qui précise que Philips s’intéresse aussi bien au rachat d’entreprises matures que de start-up.

Le groupe était présent au CES de Las Vegas début janvier où il a présenté une série d’innovations axées autour de la médecine et du bien-être quotidien. Reste que son portfolio comporte encore quelques références de tireuses à bières, une activité plutôt valorisée pour son côté «confort» et «pratique» que pour ses vertus médicinales.

Au Luxembourg, Philips emploie cinq salariés, principalement des commerciaux et des techniciens tandis que toutes les activités de support sont opérées depuis Bruxelles, d’où le marché Belux est géré. Le marché luxembourgeois conserve au dire de Frank Dendas et de Jeroen Gaudissabois des attraits certains comme les investissements massifs dans les infrastructures, notamment médicales. «Au Luxembourg, les défis du secteur des soins de santé portent sur la recherche des talents», un sujet que le groupe dit suivre de près pour apporter des solutions permettant de simplifier le travail du corps médical et le bien-être des patients.


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