LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le Statec a célébré la journée européenne de la statistique avec une après-midi de débats

Elle a, fort sérieusement, été décrétée par l’ONU en 2010 et c’est son Secrétaire général Ban ki-moon qui la lançait avec cette déclaration: «Nous célébrons aujourd’hui (20 octobre 2010) pour la première fois la Journée mondiale de la statistique, que l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamée pour faire ressortir l’importance du rôle que joue la statistique dans nos sociétés».

Des statistiques sont un véritable outil d'analyse et de prévision utilisé par de très nombreux métiers, les statistiques ont au moins le mérite de susciter notre curiosité et nous aider à nous poser les bonnes questions. A condition de ne pas prendre pour argent comptant n'importe quelle analyse basée sur des statistiques montées en épingle à fins de démonstration justement. Au Luxembourg c’est le Statec qui manie toutes les statistiques pour le pays, à l’échelle européenne, c’est Eurostat, aussi basé au Luxembourg. «A quoi sert la statistique dans notre vie quotidienne?», c’est la question à laquelle a essayé de répondre samedi différents intervenants au Science Center de Differdange, des spécialistes des statistiques, qui créent et manipulent ces chiffres pour leur travail. Que cela soit en matière de recherche universitaire, d’articles de journaux, de politique, d’économie, de médecine, les statistiques sont finalement partout.

Lëtzebuerger Journal

Yannick Baraud | Professeur à l’Université du Luxembourg et Titulaire de la ERA-Chair SanDal

«Il y a une grande différence entre les statistiques, les chiffres que l’on entend tous les jours dans l’actualité, pour se faire une idée, de la section mathématique avec laquelle je travaille. La statistique permet de trier l’information, de faire apprendre les machines dans le cadre de l’intelligence artificielle. Mon travail est de trouver des méthodes mathématiques pour tirer des informations des masses de données qui nous arrivent. Cela permet par exemple aux médecins de prendre des décisions avec des machines qui les aident à un meilleur diagnostic. Cela va aider dans le domaine des voitures autonomes également.»

Lëtzebuerger Journal

Enrico Glaab | Professeur adjoint à l’Université du Luxembourg, Recherche scientifique en apprentissage automatique et bioinformatique

«Les statistiques jouent un rôle crucial dans mon travail quotidien sur la recherche sur les maladies neurodégénératives, comme la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Aujourd’hui, les sciences de la vie utilisent de très grands ensembles de données génétiques et moléculaires, qui ne peuvent plus être analysés par inspection manuelle, mais seulement au moyen de méthodes statistiques automatiques. Ces méthodes nous permettent de trouver de façon fiable les différences moléculaires entre les patients et les personnes en bonne santé. Les résultats de ces analyses sont utiles pour une meilleure compréhension des maladies, et pour le développement de méthodes diagnostiques et de nouvelles approches thérapeutiques. Dans notre groupe de travail, nous utilisons des méthodes statistiques spécifiques déjà existantes, mais nous développons également de nouvelles méthodes pour combiner différentes sources de connaissances et améliorer nos analyses.»

Lëtzebuerger Journal

Tom Haas | Économiste et travaille dans l’unité «modélisation et prévisions» du Statec

«Les statistiques sont le point de départ de mes analyses et réflexions. Il s’agit ensuite de formaliser les relations les plus significatives afin d’élaborer une prévision. Pareillement on peut simuler l’impact de mesures et ainsi anticiper les conséquences qu’elles entraînent. Les statistiques et la modélisation ne sont pas une fin en soi, c’est un outil qui s’applique à une infinité de domaines ou thématiques. L’objectif est de synthétiser l’information, de partager les principaux enseignements ou encore de fournir une aide à la décision aux différents acteurs de la société. La problématique autour de la croissance et du climat sont un exemple d’actualité parmis tant d’autres.»