LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le réseau d’espace de coworking «Spaces» s’installera au Luxembourg en novembre

Fini les tristes espaces de travail à partager, avec une réception et la photocopieuse en commun. International Workplace Group (IWG - Regus étant l’une de ses marques) se met au goût du jour en étoffant son catalogue d’offres et va proposer début novembre son premier «Spaces» à Luxembourg, soit 6.400 mètres carrés place de la Gare, une localisation parfaite pour la cible visée.

Avec 345 centres dans le monde d’ici la fin de l’année, Luxembourg n’est qu’un nouveau point d’ancrage pour le réseau Spaces, les clients pouvant bénéficier de chaque centre du réseau. Ce qui change des autres bureaux partagés, c’est que Spaces se présente comme des espaces de coworking modernes: chaleureux, accueillant et surtout adaptés aux exigences de la nouvelle génération. «Nous n’avons pas d’espace de moins de 3.000 mètres carrés pour rentabiliser chaque centre, ici 15% est dédié aux espaces communs, la réception, le café, qui sont très importants pour notre communauté», explique William Willems, directeur de Spaces Luxembourg, basé néanmoins à Bruxelles.

Fini donc les espaces fermés de bureaux loués par des entreprises, l’accent est mis sur le partage et la créativité des utilisateurs qui n’ont plus besoin d’être enfermés pour travailler. La cible affichée, ce sont les travailleurs nomades, les indépendants qui sont de plus en plus nombreux ainsi que les accords passés avec des grandes entreprises: «Au Royaume-Uni 50% de la masse salariale est composée de contractuels qui n’ont pas toujours de poste de travail», précise le directeur.

Un produit d’appel à 200 euros par mois

Avec un produit d’appel à partir de 200 euros, avec une formule de «hot desking» à 348 euros par mois, Spaces compte miser sur sa structure mais aussi sur des prix attractifs: «Notre taille permet d’être un peu plus agressifs sur les prix», estime William Willems. Ce dernier compte sur le réseau d’agents immobilier au Luxembourg pour renvoyer leurs clients vers une structure comme Spaces, «pour sortir du bail classique, les clients veulent des solutions plus flexibles», précise notre interlocuteur.

Même son de cloche chez CBRE qui a supervisé la transaction entre IWG et Swiss Life, propriétaire du bâtiment. Le spécialiste de l’immobilier de bureau ressent également une demande croissante pour des espaces de travail plus flexibles, comme l’explique William Moulin, «Head of advisory & transaction services» chez CBRE: «La demande est en pleine expansion, c’est un fait, même si Luxembourg est toujours un peu en retard par rapport aux autres capitales. Aujourd’hui seulement 1,6% d’occupation de bureaux est en espace flexible, à Londres c’est 6% par exemple. Il y a donc un gros potentiel de développement pour Luxembourg, ce qui bouleverse le marché». Même les gros clients corporate sont également intéressés: «La clientèle est très différente, mais certains acteurs ont besoin d’un pied-à-terre à Luxembourg, et cette solution leur est parfaitement adaptée», poursuit-il.

Avec des prix moyens en «prime rent» estimés aux alentours de 35 euros le mètre carré dans le quartier gare (hors TVA), IWG pourrait débourser chaque mois aux alentours de 224.000 euros de loyer à Swiss Life. Pour William Willems, la place de la Gare est la meilleure localisation possible: «Les problématiques de transport à Luxembourg sont ce qu’elles sont, être à la gare nous paraissait être une belle opportunité» avec cet immeuble de Swiss Life dont le rez-de-chaussée pourrait être transformé en fitness pour augmenter encore les services aux membres.

Mais la Gare n’est que la première étape luxembourgeoise pour Spaces qui compte déjà ouvrir deux autres entités: Boulevard Royal (l’ancien bâtiment de la BGL) avec 4.500 mètres carrés au premier trimestre 2020, ainsi que 4.500 mètres carrés supplémentaires en 2022 au Ban de Gasperich, dans un immeuble actuellement en construction. Cette rapide croissance a pour objectif de huit localisations d’ici à 2022: Belval et Kirchberg devraient s’ajouter au catalogue Spaces, ainsi que trois autres dans le «grand Luxembourg».

La petite taille du marché luxembourgeois n’effraie pas William Willems qui est convaincu que cette tendance à la flexibilité va s’inscrire dans le long terme: «Ce n’est pas une mode, mais une nouvelle façon de travailler. Les Millenials sont 64% en Europe à réclamer de la flexibilité dans leur prérequis d’emploi. Dans une économie aussi imprévisible, les entreprises vont devoir s’adapter à ce nouveau paradigme».


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