LUXEMBURG
CLAUDE KARGER

ICTluxembourg se constitue en asbl - Objectifs: améliorer la visibilité et le poids du secteur

Pourquoi maintenant? Pourquoi transformer la plateforme de coordination ICTLuxembourg créée en 2011 en association sans but lucratif? «Il y a plusieurs facteurs», a expliqué le président Gérard Hoffmann hier matin lors d‘une conférence de presse après la signature des statuts, «l‘expérience pilote s‘est très bien passée, il y a une volonté chez les acteurs de mettre des ressources en commun, d‘avoir une gouvernance claire et nette, d’augmenter la visibilité du secteur et de supporter le gouvernement dans son effort de développement du secteur digital». Le fait notamment que le Premier ministre, qui s‘occupe personnellement du secteur des communications et des médias, ainsi que les Ministres de l‘Economie et des Finances ont annoncé le développement de la stratégie «Digital Lëtzebuerg» a sans doute précipité encore les choses.

Le vice-président Jean Diederich évoque aussi les changements au niveau de la TVA sur le commerce électronique ainsi que la présidence luxembourgeoise du Conseil de l‘UE dans la deuxième moitié de 2015 comme facteur de motivation pour concrétiser une structure appelée à être la «voix unique des acteurs du digital». Ladite présidence sera importante, alors qu‘entre autres le perfectionnement du marché unique numérique se trouve à l‘ordre du jour, l‘agenda digital étant de toute façon une priorité pour la Commission européenne.

120 entreprises représentées

ICTluxembourg, qui se compose à l‘heure actuelle de six membres (voir encadré), représente 120 sociétés fournisseurs de produits et de services ICT dont notamment des poids lourds comme Amazon, ebay, SES ou encore RTL, mais aussi quelque 140 sociétés utilisatrices de produits et de services ICT - au travers surtout de l‘Association des Banques et des Banquiers. Pour les acteurs, le secteur ICT présente un énorme potentiel. Alors qu‘elle a depuis longtemps dépassé son rôle de fournisseur d‘infrastructures en devenant un véritable moteur de l‘innovation, la branche génèrerait aujourd‘hui quelque 7% du PIB et représenterait 4% de la population active, c‘est-à-dire quelque 15.500 persones.

Tendance croissante, alors que plus de 600 embauches sont prévues dans les deux années à venir. L‘attraction de talents constitue l‘un des défis principaux pour la branche. «Il y a beaucoup de besoins dans la créativité», souligne Jean Diederich, convaincu que le Grand-Duché peut offrir un «écosystème» attractif pour ces professionnels. «S‘il y a une limite à la croissance, c‘est bien le manque de compétences», renchérit Gérard Hoffmann.

Parmi les autres défis pour le secteur, l‘asbl voit notamment le perfectionnement du cadre législatif pour entre autres l‘archivage électronique, la propriété intellectuelle ou encore la sécurité informatique. De prime importance aussi: les investissements dans le recherche et le développement, l’encouragement des start-ups et la mise en oeuvre d’un cadre légal pour favoriser l’entrée des PME dans l’ère digitale et la simplification des processus et des échanges administratifs par l‘utilisation de l‘informatique.