LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Cols bleus ou blancs: la sécurité et la santé au travail est inscrite dans le code du travail

La santé et la sécurité au travail est loin de se limiter aux seuls chantiers, insiste Mike Hoffmann. Celui-ci a fondé il y a plus de cinq ans sa propre entreprise de conseil, coaching, formation et de vente de matériel en la matière et il l’assure: que l’on soit aux manettes d’une grue ou derrière un ordinateur, le risque est présent. Car dans tous les cas, une journée de travail représente au bas mot un tiers de notre quotidien. Les bruits, une luminosité inadaptée, un mobilier inadapté sont autant de facteurs qui peuvent mener - si pas à l’accident - au moins au développement du stress, de l’absentéisme ou encore du «burnout».

Il en va donc de la responsabilité de l’employeur, à en croire le Code du travail mais aussi de celle du salarié «parce qu’il peut toujours refuser un travail qu’il estime trop dangereux», insiste le formateur.

«La sécurité et la santé au travail ne coûtent rien». En revanche, «ce que coûte à l’employeur une journée d’absence d’un salarié, c’est énorme». Imaginez donc ce qui arrive dans le cas d’absences répétées… Avec sa société CSST, il forme aux principes de la santé et de la sécurité au travail. Ceux-ci sont inscrits au code du travail, dans les obligations de l’employeur mais force est de constater qu’ils ne figurent pas sur le haut de la «to-do list» de nombreux managers.

Pourtant, «il y a un retour net pour la société et en plus, les salariés sont plus productifs». Pour Mike Hoffmann, tout commence avec la communication. «Ce que le salarié veut, c’est la reconnaissance de son travail par l’employeur». Mais force est de constater que le mal-être au travail gagne du terrain.

Kilomètres et conformité

Avec une masse salariale composée pour moitié de frontaliers, la fatigue et le stress liés à la distance et aux problèmes de mobilité peuvent aussi influencer. «Beaucoup sont conscients de cela et prennent les transports publics, ce qui permet déjà de se reposer un petit peu», pointe Mike Hoffmann. Quant aux solutions proposées comme le télétravail, elles s’avèrent être compliquées au vu des règles de SST. «Théoriquement, le travailleur désigné en matière de sécurité et de santé au travail devrait aller faire une évaluation des risques chez chaque salarié». Difficilement imaginable, d’autant qu’en cas d’accident au domicile comme une simple chute dans l’escalier, quelle responsabilité sera en jeu? «L’employeur va réfléchir à deux fois avant de permettre le télétravail». Le sujet est délicat mais pourtant inscrit dans la loi. Sa méconnaissance est le combat du coach qui conclut: «Quand on se blesse au chantier, on le voit. Quand on se blesse au bureau, on l’accepte».