LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

A 14 ans, Dolina Kardjoe réalise des vidéos sur YouTube et Instagram qui cartonnent

L’adrénaline du «like». Sur les réseaux sociaux, c’est le carburant qui fait avancer les artistes en herbe en quête de reconnaissance. Dolina est au lycée du côté d’Ettelbruck. Elle passe tout son temps libre à réaliser des petites vidéos en travaillant sur l’animation. Il y a un an, elle s’est associée à Nosa, une youtubeuse canadienne pour mettre en commun leurs efforts. Tandis que Nosa se focalise sur la musique et les textes, Dolina, elle, se passionne pour l’animation. «J’ai fait équipe avec Nosa pour pouvoir partager sa chaîne YouTube qui avait déjà attiré l’attention des fans».

Petit retour en arrière: c’est enfant que Dolina se passionne pour le dessin. Elle regardait des dessins animés un peu comme tout le monde mais un jour, une amie lui montre un jeu vidéo inspiré du monde des mangas, Gachaverse, qui inspire son pseudonyme sur les réseaux sociaux. Là, c’est la révélation. Elle s’essaye elle-même au dessin, en reproduisant les personnages qu’elle connaît. Puis, elle a l’idée de faire un petit film elle-même: «Mes amis étaient très intéressés, alors j’ai créé ma chaîne sur YouTube, mais le résultat n’était pas au rendez-vous car j’avais très peu de vues, ce qui m’a attristé. C’est pourquoi je me suis associée à Nosa qui avait, elle, plus d’expérience et de visibilité». Dolina prend le nom de Gacha, inspiré de son jeu vidéo préféré qui reflète sa passion pour les mangas. Le résultat ne se fait pas attendre. En quelques mois, les vidéos rencontrent un succès fou. Il s’agit pour la plupart de chansons en arrière-plan, des personnages d’inspiration manga évoluant dans des univers au rythme des paroles. Dolina y passe un temps fou pour certaines.

Caricaturer à la sauce manga les membres de sa famille

La vidéo «??Lily??//•GLMV•-?~» a enregistré à ce jour plus de 4 millions de vues sur YouTube, l’équivalent de 3 mois de travail sur son temps libre pour la jeune fille. Les personnages des vidéos sont des inspirations de mangas que Dolina apprécie: «La forme et les corps existent déjà, mais je fais un gros travail au niveau de l’animation en rajoutant les yeux et les cheveux par exemple. Cela peut me prendre jusqu’à trois semaines pour qu’un personnage tourne simplement la tête». Elle s’amuse également à caricaturer à la sauce manga les membres de sa famille. Si Dolina a conscience qu’elle pourrait en faire son métier, elle garde pour le moment la tête froide. «J’aimerais m’orienter vers la pharmacologie, mais tout en continuant à faire ces vidéos sur mon temps libre», explique-t-elle.

Aujourd’hui pour les adolescents, le média YouTube est déjà quasi dépassé. Si l’on pense à gros ordinateurs performants pour faire de l’animation vidéo, Dolina arrive à des résultats bluffants rien qu’avec son smartphone: «Au début j’utilisais mon ordinateur, mais je travaille uniquement sur mon smartphone désormais, c’est plus pratique. J’utilise l’application Videostar qui est payante, mais les autres comme After effect pour éditer sur Instagram sont gratuites». Instagram, le réseau plébiscité des adolescents avec des vidéos courtes et qui atteignent un maximum d’audience, «la tendance est aux vidéos plus courtes», remarque l’adolescente qui a donc remisé au placard les vidéos de 3 minutes sur YouTube à celles de 30 secondes sur Instagram. «J’ai commencé un nouveau compte car j’ai laissé tomber la chaîne Youtube, je n’arrive plus à joindre Nosa. J’ai déjà posté six vidéos et les commentaires sont plutôt positifs, des éditeurs professionnels m’ont dit que j’avais du talent, ça m’encourage! Quant aux commentaires négatifs, je les ignore. C’est fou car mon idole qui a 20.000 followers m’a contacté sur Instagram pour me dire qu’elle aimait ce que je faisais. J’étais tellement contente ce jour-là, je n’arrivais pas à y croire», raconte-t-elle.

Pour une vidéo de 30 secondes, il faut quand même deux semaines de travail sur son temps libre. Dolina n’en retire aucun revenu, la jeune femme ne court pas après l’argent, mais plutôt la reconnaissance de ses pairs: «Enfant je voulais devenir célèbre, mais maintenant j’ai plus envie d’accomplir quelque chose avec ces vidéos car elles ont une portée universelle». Sa famille l’encourage dans cette activité, et la jeune fille fait bien la différence entre vie privée et travail artistique: «Je ne mets rien de personnel sur les réseaux sociaux, je poste mes vidéos mais je ne rajoute pas de commentaires où je raconte ma vie. Les vidéos pour mes proches, je ne les diffuse pas, elles restent dans le cercle familial car elles contiennent des photos de mes cousins par exemple». Au lycée, Dolina n’a pas la grosse tête, même si ses amis s’amusent eux aussi à la course aux «like» sur Instagram.

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