LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Sans surprise, le Statec prouve qu’il vaut mieux travailler dans le secteur de la finance et des assurances que dans l’horeca

Le coût de la main d’œuvre est bien plus élevé dans les secteurs de la finance et des assurances que pour l’hôtellerie et la restauration. C’est ce que conclut le Statec en compilant huit années de données sur les salaires horaires dans les différentes branches. Le coût horaire moyen de l’ensemble de l’économie luxembourgeoise (hors agriculture et administration publique) est de 38,7 euros en 2016. Cela équivaut à une augmentation de 2,3% par an en moyenne.

Par coût horaire de la main-d’œuvre, le Statec implique le coût brut annuel total (y compris les cotisations patronales, les primes de fin d’année, ainsi que tous les frais de personnel annexes) divisé par le nombre d’heures effectivement travaillées par l’ensemble des salariés de l’entreprise au cours de l’année.

Evidemment les moyennes cachent de grosses différences entre les secteurs d’activités. Sans surprise, le coût horaire est de 71,1 euros dans le secteur des activités financières et d’assurance, soit plus de trois fois celui dans l’horeca, où il est à seulement 20,9 euros. Le coût moyen est de 26,1 euros dans la construction et de 33,9 euros dans l’industrie, alors qu’il est de 41,8 euros pour l’ensemble du secteur tertiaire.

L’industrie et l’horeca à la traîne

C’est la même chose pour l’évolution de ces coûts, la moyenne de 2,3% par an cache des disparités. Certains secteurs sortent du lot avec des croissances bien supérieures, notamment celui des activités financières (+3,8% par an), le commerce (+3,3% par an), les services administratifs et de soutien (+3,2% par an) et le secteur de l’information et des communications (+3,1% par an).

A l’autre bout du spectre, les activités dans lesquelles les coûts horaires ont augmenté le moins entre 2012 et 2016 sont celles de la santé et de l’horeca (+0,7% par an), suivies de la construction et de l’industrie (+1,3% par an). Dans ces secteurs, la croissance du coût horaire a ralenti par rapport à la période post-crise de 2008-2012.

Au Luxembourg, les coûts indirects ne représentent que 13,5% du coût total de la main-d’œuvre. La majeure partie est constituée par les cotisations sociales obligatoires. Le coût direct comprend également des rémunérations (primes, etc.) non versées régulièrement. Ces dernières représentent environ 8% du coût total. Par coûts directs, le Statec entend les salaires et traitements bruts. Ils représentent en moyenne 86,5% du coût total de la main-d’œuvre.

Ce sont les rémunérations qui représentent la majeure partie, 67,4% du coût total, mais aussi les primes et indemnités qui sont versées. On parle ici de salaires mensuels, les apprentis ne représentent que 0,2% du coût global de la main d’œuvre, ce qui est négligeable par rapport à des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche où les apprentis sont beaucoup plus nombreux.

Une composition uniforme

En plus des salaires et primes versées chaque mois (prime de nuit etc), le Statec a également compilé les primes plus exceptionnelles, comme le 13e mois ou alors les primes liées aux performances individuelles du salarié ou aux résultats de l’entreprise. Cette composante du coût salarial représente 7,9% du coût total.

C’est sans compter les avantages dits «en nature» que certaines entreprises font bénéficier à leurs salariés, comme par exemple les logements de service, les voitures de société, les repas gratuits, ou les produits de l’entreprise. Leur contrevaleur monétaire représente 2,9% du coût total de la main-d’œuvre, estime le Statec. Par contre les plans d’épargne d’entreprises demeurent marginaux au Luxembourg et représentent seulement 0,1% de l’ensemble du coût du travail sur le plan national.

Le coût indirect (13,5%) est principalement constitué par les cotisations sociales obligatoires (10,3%, mutualité incluse), les cotisations conventionnelles, contractuelles ou bénévoles (1,1%) ainsi que les prestations sociales directes (salaires garantis en cas de maladie restant à charge de l’employeur, indemnités de départ, etc.: moins de 1%).

Si le niveau du coût de la main-d’œuvre varie fortement d’un secteur à l’autre, sa composition est en revanche plus uniforme. Ainsi, la part du coût direct (86,5% en moyenne) ne varie que de 85,2% dans les transports à 87,5% dans l’enseignement. Tous les coûts sont à l’échelle, les cotisations et autres prestations étant calquées sur le niveau de rémunération