LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La police grand-ducale constate une hausse des plaintes des entreprises

Le modus operandi est généralement simple. Un coup de fil, un fax ou bien un email d’une personne semblant bien connaître l’entreprise, parfois au point de se faire passer pour son dirigeant. Son objectif? Que son interlocuteur exécute rapidement un virement - généralement à six ou sept chiffres - pour une affaire prétendument urgente.

Hier, une entreprise informatique luxembourgeoise en a fait les frais. «Nous avons reçu un email signé de notre CEO qui nous annonçait que quelqu’un allait appeler pour une affaire urgente», témoigne notre source sous le couvert de l’anonymat. Quelques minutes plus tard, la comptable de la société a reçu le coup de fil en question destiné à faire exécuter le transfert. Son montant? 300.000 euros environ. «La personne se fait passer pour celle annoncée dans l’email, on a vraiment le sentiment que l’ordre a bien été donné par notre chef». Heureusement pour cette entreprise, sa banque a bloqué la transaction. Plus de peur que de mal donc, mais un réel sentiment de confusion demeure.

Dans tous les cas, porter plainte

Si le courriel provenait de l’adresse mail du dirigeant de la société en question, la signature était quelque peu différente. En fait, les fraudeurs ont opéré via une substitution d’adresse mail de l’intéressé. Un procédé visiblement bien mené et qui n’en n’est pas à ses débuts au Grand-Duché. Contactée par nos soins, la Police grand-ducale nous confie que «nous avons déjà reçu des plaintes d’entreprises». Combien? Difficile à dire, selon la porte-parole Carine Merens qui évoque une classification variable de ces tentatives de fraudes connues du grand public sous la dénomination «arnaque au président».

Quoi qu’il en soit, la police recommande aux entreprises de ne pas répondre aux sollicitations. «Si elles reçoivent un email, il faut qu’elles évitent d’ouvrir les liens et les fichiers annexés qui peuvent être porteurs de virus», ajoute Carine Merens. Elle conseille de porter plainte à la police et cela, même si la tentative a été infructueuse pour les malfrats.

Au sein de l’entreprise qui a subi la tentative d’arnaque hier, un constat demeure: «Ils avaient pas mal d’informations sur la société et ses dirigeants». Evidemment, ces éléments sont bien mis en avant pour mettre en confiance leurs interlocuteurs. Si dans certains cas les sociétés s’imaginent ne rien dévoiler de leur directoire ou de leur actionnariat, il ne faudrait pas en oublier les nombreuses publications liées. Simple exemple, le Registre de Commerce et des Sociétés est accessible par quiconque via Internet et contient pas mal d’éléments d’informations.