LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le marché de l’art intéresse de plus en plus les gestionnaires de patrimoine

Pour beaucoup, acheter une œuvre d’art est un plaisir que l’on se fait pour assouvir une passion. Mais pour d’autres, c’est aussi l’occasion d’investir. En 2013, ils étaient 76% à penser cela, contre 53% un an plus tôt, peut-on lire dans le rapport «Art & Finance» de Deloitte et ArtTactic.

Le cabinet d’audit a interrogé des acteurs clés des deux domaines pour la troisième édition de ce rapport, qui coïncide avec l’ouverture du Freeport de Luxembourg. À ce propos, les auteurs y voient un potentiel d’attractivité et appellent à renforcer les liens entre les professionnels de l’art et ceux de la gestion patrimoniale pour développer la branche art et finance.

L’art pour diversifier les actifs

Quoi qu’il en soit, l’étude menée par Deloitte montre un intérêt croissant du marché de l’art de la part des gestionnaires patrimoniaux. Pour le directeur de Deloitte Luxembourg, Adriano Picinati di Torcello, cela s’explique par «la croissance du marché de l’art et du nombre d’individus fortunés au niveau mondial.» D’ailleurs, 64% des banques privées et 88% des bureaux de gestion de patrimoine interrogés considèrent comme une priorité stratégique la planification de patrimoine en matière d’art et d’objets de collection.

Sur le terrain, un bureau de gestion patrimoniale sur deux estime que les œuvres d’art et objets de collection peuvent jouer un rôle dans l’équilibrage du portefeuille et dans la diversification des actifs.

Par ailleurs, plus de sept collectionneurs et professionnels de l’art sur dix s’attendent à ce que la vente en ligne s’immisce dans les enchères et rencontre un grand succès. D’autre part, les personnes interrogées entrevoient une intensification à venir des fusions et acquisitions, dans la foulée de la maturité du marché en ligne. Réduction des coûts de transaction, augmentation de la liquidité des actifs mais aussi une plus grande transparence: le numérique aurait sa place dans le secteur de l’art et finance.

Confiance mitigée

Reste que le secteur des fonds dédiés à l’art pâtit d’une confiance mitigée, indique Vincent Gouverneur. Le partner et leader de l’Initiative Art & Finance de Deloitte Luxembourg souligne que les difficultés d’évaluation, le manque de liquidité et la non-régulation du marché pèsent sur ce segment. «Ce secteur devra sans doute revoir son modèle actuel pour intégrer les raisons premières qui font que les investisseurs en art achètent des œuvres d’art», conclut-il.

www.deloitte.com/lu/artandfinance/report2014