LUXEMBOURG
CAROLE LORANG

En cette Journée mondiale du theâtre, coup d’oeil sur les revendications de la Theater Federatioun

C’est aujourd’hui la Journée mondiale du théâtre. Elle marque la date de l’ouverture de la saison du Théâtre des Nations à Paris en 1962, année de sa première édition. Au Luxembourg, la Theater Federatioun est la Fédération Luxembourgeoise des Arts de la Scène. Elle compte 20 membres et a intégré depuis l’an dernier l’association des artistes professionnels indépendants et intermittents du spectacle vivant (ASPRO). Sa présidente Carole Lorang fait le point avec nous sur ce secteur qui, à l’approche des élections législatives d’octobre, entend bien faire entendre sa voix jusque sur la scène politique.

«Depuis 2017, notre fédération a intégré la voix des artistes indépendants et intermittents du spectacle vivant afin de représenter les intérêts de l’ensemble du secteur. Notre fédération est un espace où les programmateurs et les artistes se rencontrent autour d’une même table afin de mettre en place une meilleure concertation. Par exemple, un projet de charte est en cours concernant les contrats de travail des artistes.

Nous souhaitons par ailleurs poser nos revendications auprès du monde politique dans l’espoir que les responsables en prennent compte dans le prochain programme de gouvernement.

Ainsi au niveau de la structuration, nous souhaiterions la création d’un poste d’administrateur pour les théâtres conventionnés tels que le TOL par exemple qui sont administrés par des bénévoles à l’heure actuelle. Une autre demande concerne les compagnies de théâtre et de danse, pour lesquelles nous demandons d’avoir un chargé d’administration et/ou de diffusion. Nous considérons que l’environnement fiscal actuel est inadéquat: lorsqu’on enlève la TVA et les charges sociales du cachet des artistes, il ne reste plus grand-chose. Voilà pourquoi nous demandons que de 17%, la TVA passe à 3% voire carrément à 0% comme c’est le cas dans d’autres pays sur les cachets. Cela permettrait d’améliorer réellement leurs revenus sans impacter lourdement les finances de l’Etat puisque la mesure concernerait entre 100 et 150 personnes au Luxembourg.

Notre fédération estime aussi qu’il existe un problème dans le soutien à la création artistique. Nous ne demandons pas de but en blanc une hausse des budgets artistiques mais plutôt davantage la mise en place de dispositifs d’aide ciblés, par exemple un soutien au niveau des résidences d’artistes. Le Luxembourg compte peu d’espace de résidences, le principale étant la Banannefabrik focalisé sur la danse et non sur le théâtre. Nous appelons aussi à la création d’un fonds de soutien à l’émergence pour aider les jeunes talents créatifs ainsi que la possibilité de donner aux théâtres et aux centres culturels des médiateurs culturels. Cela répondrait à un enjeu primordial, celui de développer les publics afin que ceux qui n’ont pas l’habitude d’aller au théâtre franchissent le cap, ou bien y soient sensibilisés au dehors.

Le Luxembourg a la chance de compter des artistes dotés de formations de très grande qualité. Aller au théâtre, c’est un moment de partage collectif entre les acteurs et le public. C’est aussi une rencontre avec la sensibilité du metteur en scène mais aussi des autres spectateurs qui réagissent sur le vif à ce qui se passe devant eux. A l’heure où les écrans prennent une place croissante dans notre quotidien, je propose à tout le monde de vivre un échange vivant dans l’un des théâtres du Grand-Duché».