BOURMICHTCATHERINE KURZAWA

Jonk Entrepreneuren noue des liens entre le monde entrepreneurial et les jeunes

Cela fait déjà six mois que Stéphanie Damgé est directrice de l’a.s.b.l. Jonk Entrepreneuren. L’organisation fondée en 2005 encourage l’esprit d’entreprise des jeunes et cela, dès l’école primaire. Aujourd’hui financée à 70% par des fonds privés, l’a.s.b.l. lance un nouvel appel aux professionnels du Grand-Duché pour qu’ils prennent part à ses activités et éveille aujourd’hui la fibre entrepreneurial des acteurs économiques de demain.

Mercredi a eu lieu la remise du prix Innovation Camp. Quelle conclusion tirez-vous de cette 6ème opération?

Stéphanie Damgé L’innovation camp se déroule lors d’une journée passée au sein d’une entreprise partenaire. Le matin, l’entreprise pose un business challenge aux jeunes. Hier (mercredi, ndlr), Kaempff-Kohler leur a demandé comment ils voyaient cette entreprise en 2020. 40 élèves issus de douze lycées différents ont été répartis en huit équipes mixtes et ont travaillé à ce challenge. À la fin de la journée, ils ont présenté leurs idées et leurs suggestions à un jury composé de cinq membres du monde économique. Il a retenu les trois meilleurs projets et un quatrième, qui a été un coup de cœur.

L’objectif de Jonk Entrepreneuren est de toucher 10% de la population scolaire d’ici à 2016. Où en êtes-vous?

Damgé Je pense qu’on est déjà au-delà. En 2013, on a atteint plus de 8.000 jeunes et cette année, l’objectif est d’atteindre les 9.000. Avec cela, on a déjà presque touché les 10%. Ce qui est important pour nous, c’est de maintenir cette qualité: analyser et adapter nos programmes aux jeunes. L’un des objectifs est aussi d’avoir des volontaires issus de secteurs très variés. Il faut présenter les différents métiers pour que les jeunes prennent connaissance de tout ce qui est possible. Il faut favoriser l’entrepreneuriat au sens large du terme: les entreprises demandent aujourd’hui d’être proactif, d’avoir des idées, de développer d’autres services. Nous voulons inculquer cela aux jeunes soit pour qu’ils deviennent indépendants, soit pour qu’ils viennent ensuite développer ces compétences en entreprise.

Vous lancez donc un appel au monde entrepreneurial pour qu’il vous rejoigne?

Damgé Exactement. C’est un sujet qui nous concerne tous au Luxembourg. Dans le privé, beaucoup d’entreprises disent qu’elles ont du mal à trouver des gens qui ont l’esprit d’entreprise et aussi, des entrepreneurs de l’artisanat nous disent qu’ils ont du mal à trouver des jeunes pour reprendre leur affaire. Avec la compétition qui se joue à l’étranger, on a besoin de développer des entreprises, des produits et des services dans le pays. Il faut commencer à temps: les jeunes ont un fort potentiel et il faut l’utiliser. Nous commençons dans le primaire pour les informer, les motiver et leur montrer de quoi ils sont capables. Il est important de les impliquer à temps et qu’ils soient acteurs des projets.

En cette période de transition, les firmes regardent encore à leurs dépenses…

Damgé Oui mais en même temps on s’inscrit dans le thème de la responsabilité sociale qui est très actuel. C’est souvent motivant pour les entreprises de participer, aussi pour leur image. Il y a des normes qui existent à ce niveau et dans un sens, cela est un avantage. Mais dans l’autre sens, c’est un challenge car il faut satisfaire nos partenaires, entretenir un bon contact avec eux et aussi accroître nos ressources et donc, le nombre de sponsors. Le networking est important pour trouver ces partenaires potentiels.

Les jeunes d’aujourd’hui sont ultra connectés. Les réseaux sociaux sont-ils pour vous un moyen de les capter?

Damgé Tout à fait, c’est ce que j’ai développé. J’utilise beaucoup Facebook et LinkedIn. J’informe sur nos évènements et cela fonctionne assez bien. LinkedIn est surtout utilisé par nos entreprises partenaires et Facebook par nos sponsors et les enseignants. Ce sont eux qui motivent les jeunes à participer car ils ont un contact direct avec eux à l’école. Nous avons dix programmes: deux en primaire, sept en secondaire et un en supérieur. Dans le secondaire, il y a deux programmes inclus dans le cursus de l’école où les élèves sont évalués. Les autres se font sur base volontaire, par exemple en lien avec les options proposées ou au choix des enseignants. Tous les lycées du Luxembourg participent au moins à l’un de nos programmes, certains participent à plusieurs voire à tous les programmes.

Quels sont les objectifs que vous vous fixez pour les mois à venir?

Damgé Nos objectifs sont de développer davantage le programme dans le supérieur et de créer une base Alumni. Ce qui est bien pour l’instant, c’est que l’on revoit parfois des jeunes qui reviennent participer à nos programmes. Mais souvent, on perd le contact. Nous souhaitons savoir ce qu’ils deviennent pour mesurer les résultats de nos programmes. Nous existons depuis neuf ans et donc, il est possible de savoir quelle trajectoire les participants d’il y a cinq ou six ans ont emprunté. Cela est important pour avoir des données statistiques mais aussi pour mettre en interaction les jeunes avec nos partenaires.

Comptez-vous relever les objectifs pour 2016 puisqu’ils sont déjà atteints ?

Damgé Oui on doit revoir cela mais il faut faire attention. Nous sommes une entreprise aussi et il importe de garder notre qualité et d’être réaliste dans ce flux de croissance. Il faut analyser, prévoir puis revoir les chiffres. La mission est très importante : il faut préparer les jeunes. L’entrée sur le marché de l’emploi est plus difficile aujourd’hui. Il faut donc les préparer à trouver un boulot, les informer, les orienter mais aussi leur donner le courage et la confiance pour développer des compétences qui sont aujourd’hui exigées dans le monde du travail.

www.jonk-entrepreneuren.lu