LUXEMBOURG
ROBERT DENNEWALD

Depuis quelques semaines, Robert Dennewald ne cache pas son désir de vouloir provoquer le débat au Luxembourg. Le président de Contern (anciennement les Chaux de Contern) a lancé une pétition publique dans laquelle il demande l’abolition du congé collectif d’été dans le bâtiment et le génie civil. Il nous explique les raisons qui l’ont poussé à lancer cette démarche.

«La fin du congé collectif est importante pour différentes raisons. Tout d’abord, le secteur de la construction est très exposé aux conditions climatiques. Interdire aux sociétés du bâtiment de travailler pendant quinze jours ouvrables au moment où la météo est généralement clémente réduit la capacité de production du secteur de 10% environ. On estime à 220 le nombre de jours ouvrables par an, mais c’est sans compter le retrait des journées de chômage pour cause d’intempéries, très fréquent en hiver. C’est une aberration. Je ne pense pas qu’il y ait un autre pays au monde qui se permette un tel luxe.

Ensuite, le congé collectif est une règlementation qui remonte à 1975. Elle a été conçue de manière à permettre aux nombreux travailleurs Portugais du secteur de rentrer dans leur pays d’origine en été. Mais les échos que je reçois montrent que de nombreux Portugais souhaitent partir quand ils le souhaitent et non pas quand les prix sont les plus élevés et quand les autoroutes sont les plus chargées, ce qui est le cas au mois d’août. Je pense donc qu’il faut changer son fusil d’épaule et tenir compte des arguments des personnes concernées.

Aussi, il ne faut pas oublier que les projets d’infrastructures se multiplient au Luxembourg, que ça soit pour des routes, des bâtiments et des logements. Les besoins sont faramineux, le secteur de la construction risque de ne pas réussir à  suivre cet énorme volume sur les cinq prochaines années dans les délais requis. Je ne suis pas le seul à le penser, le ministre de la Mobilité et des Travaux publics, François Bausch, est également de cet avis.

A ce stade, je n’ai reçu aucun retour négatif quant à ma pétition, ce qui est tout à fait normal. Je reçois beaucoup de compliments où les gens disent qu’enfin quelqu’un prend le taureau par les cornes. Je pense que le bon sens doit triompher : il faut laisser aux salariés la liberté de fixer leurs congés comme ils l’entendent. Bien entendu, le chef d’entreprise qui veut fermer sa société durant les trois premières semaines d’août sera toujours libre de le faire.

Cette proposition est d’autant plus importante que le patronat s’est récemment insurgé contre l’introduction d’un nouveau jour férié légal: le 9 mai. Ce jour de congé supplémentaire représente une perte sèche pour le secteur. Demandons donc l’abolition du congé collectif parce qu’il donnera beaucoup plus d’amplitude aux entreprises. N’oublions pas que durant les trois premières semaines d’août, les intérêts, les amortissements et bon nombre de frais fixes des sociétés du bâtiment continuent à courir, sans aucune contrepartie au niveau de la facturation de prestations.»