LUXEMBOURG
FRÉDÉRIC ROLLIN, SENIOR INVESTMENT ADVISER CHEZ PICTET ASSET MANAGEMENT

L'analyse du samedi

Pictet Asset Management en quelques mots

Présent à travers le monde

Pictet Asset Management (Pictet AM) regroupe l’ensemble des filiales et des départements opérationnels du Groupe se consacrant à la gestion institutionnelle ainsi qu’à la gestion de fonds de placement. Pictet Asset Management Limited est une société britannique agréée par la Financial Conduct Authority et soumise à la surveillance de cette dernière.
Présent sur 17 sites à travers le monde (Amsterdam, Bruxelles, Dubaï, Francfort, Genève, Hong Kong, Londres, Luxembourg, Madrid, Milan, Montréal, Osaka, Paris, Singapour, Taipei, Tokyo, Zurich), Pictet AM gérait au 31 décembre 2019 185 milliards d’euros d’actifs investis sur les marchés actions et obligataires internationaux.

Rendements obligataires proches de zéro, dividendes amputés, chômage en hausse, perspectives économiques et sanitaires incertaines, le cartable de la rentrée paraît bien lourd. D’autant que, malgré la récession, les actions des pays développés tutoient leurs plus hauts historiques. Les actions européennes, moins chères que leurs homologues américaines et désormais défendues par des politiques publiques titanesques, recèlent encore un potentiel de gain. Mais attention, la hausse pourrait être limitée par une croissance durablement anémiée. La démographie européenne est défavorable, la productivité stagne et la dette des Etats est écrasante.

Mieux vaut diversifier

Dans ce contexte, il semble judicieux de diversifier son portefeuille hors de la zone euro. En Chine par exemple, l’épidémie a fortement reculé et l’économie offre des perspectives prometteuses pour la fin de l’année. Le marché actions est donc intéressant, d’autant que les valorisations sont toujours modestes. De plus, la croissance bénéficiaire des entreprises chinoises devrait progresser encore longtemps, car le pays se modernise à grande vitesse et les gains de productivité demeurent élevés. La Chine a mis l’accent sur l’enseignement technique et forme huit fois plus d’étudiants que les Etats-Unis aux disciplines STIM (sciences, technologie, ingénierie, mathématiques)1. Résultat, le pays rivalise avec les Américains dans les deux grands combats technologiques de cette décennie : la 5G et l’intelligence artificielle.
Il convient également de suivre les actions sylvicoles, qui pourraient bénéficier de la demande soutenue de pâte à papier en Chine, mais aussi, notamment grâce à la baisse des taux, du nombre en forte hausse des permis de construire aux Etats-Unis, où beaucoup de maisons sont en bois. En tant que bien réel, cette matière première représente par ailleurs un moyen pertinent de se protéger contre l’accélération inopportune de l’inflation que risquent de produire les politiques monétaires décomplexées actuellement en vigueur. Ajoutons que la sylviculture durable est un outil efficace contre le réchauffement climatique. Les forêts bien gérées stockent en effet de grandes quantités de CO2.

La santé en croissance

Le secteur de la santé connaît depuis longtemps une croissance bénéficiaire supérieure et stable. Il est peu sensible aux aléas économiques et a bien résisté à la crise. Au cours des vingt dernières années, il a aussi été porté par la hausse du niveau de vie dans les pays émergents et par le vieillissement de la population mondiale. Et la crise sanitaire a démontré la nécessité impérieuse de rendre nos systèmes de santé plus efficaces.
Parmi les solutions susceptibles d’être plébiscitées ces prochaines années, citons les logiciels de diagnostic par intelligence artificielle, d’organisation des hôpitaux ou encore les outils chirurgicaux mini-invasifs réduisant les durées d’hospitalisation.
De plus, le besoin désormais criant d’une recherche médicale performante, donc chère, donnera à l’industrie pharmaceutique des arguments pour défendre ses prix de vente auprès de la future administration américaine.
Enfin, les énergies propres, innovantes par nature et chaque année plus compétitives, bénéficieront grâce aux taux bas de coûts de financement de recherche et d’investissement peu élevés, ainsi que de la sympathie du public et des politiques, de plus en plus avertis des désastres que peut provoquer notre empreinte sur la nature.