LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

L‘équipe de Mondorf espère reprendre une partie de ses activités dans le courant du mois

Le jeudi 12 mars, l’humoriste britannique Paul Taylor se produisait au Casino 2000 devant plus de 300 personnes. A cette époque qui paraît déjà lointaine, les distributeurs de gel hydroalcoolique étaient déjà présents, le personnel portait des gants, mais rien de plus. Ce fut le dernier spectacle avant l’annonce du confinement pour l‘établissement qui a depuis dû fermer ses portes.

Un coup dur pour l‘équipe qui avait travaillé d’arrache-pied pour une programmation inédite: «C’est dommage car après des années de travail nous avons aligné cette année notre meilleure programmation de l’histoire du Casino 2000, nous étions arrivé au rythme souhaité avec une cinquantaine de spectacles. Si au début nous les avions reporté au mois de juin, rapidement nous avons dû nous rendre à l‘évidence. Je suis peu confiant que des spectacles soient à nouveau organisés cette année», explique le directeur, Guido Berghmans.

Avec 46 millions d’euros de chiffres d’affaires, c’est 7 millions qui sont générés par la partie événementiel, «c’est deux fois plus que dans les autres casinos en Europe, et tout s’est stoppé brusquement». Le directeur estime que le Casino a perdu deux mois et demi de chiffres d’affaires, en comptant sur une reprise prochaine.

Pas de séparation en plexiglas de prévu, mais l‘équipe planche sur une réouverture très particulière: «Nous avons réparti les machines dans tous les espaces possibles pour respecter les distances de sécurité. Nous allons limiter les personnes admises, soit 150 personnes maximum, alors que nous pouvons avoir jusqu‘à 2.000 personnes les week end habituellement», explique ce dernier qui compte mettre un maximum de règles pour rassurer les clients et respecter les règles de sécurité, une nouvelle normalité.

Un tiers des machines à sous en service

«Nous allons avoir des masques, du gel hydroalcoolique, des prises de température, sept personnes seront là en permanence pour contrôler que les mesures sont bien prises et répondre aux questions des clients. Avec toutes ces mesures, nous espérons pouvoir rouvrir dans le courant du mois de mai».

Il faut dire que dans son malheur, le Casino 2000 a «la chance» de pouvoir exploiter beaucoup d’espace, mais même dans ces conditions, seulement un tiers des machines à sous vont reprendre du service.

Avec 210 employés au total, dont 85% sont actuellement au chômage partiel, en maladie ou en congé pour raison familiale, la PME estime à 20% la perte de chiffres d’affaires annuel dans le meilleur des cas, jusqu‘à 50% si les clients ne reviennent pas à la réouverture.

Et le chiffre d’affaires n’est pas négligeable, le Casino 2000 rapporte chaque mois à l’Etat et à la commune de Mondorf 2 millions d’euros, un apport non négligeables pour les finances publiques. «Nous avons informé nos deux ministres de tutelle (justice et finances) de la situation, nous avons beaucoup préparé la réouverture pour pouvoir fonctionner avec ces nouvelles restrictions», estime Guido Berghmans.

Ce dernier peut compter sur les finances saines du Casino 2000, «nous n’avons pas de dette à la banque et nous ne comptons pas contracter de prêt», pour passer la crise sans faire appel à un prêt de la banque.

La grande préoccupation de Guido Berghmans, c’est de voir les joueurs partir sur les sites de jeux en ligne, et d’y prendre un peu trop goût: «Quand les casinos font 8 milliards d’euros de chiffres d’affaire, l’industrie des jeux en ligne représente elle 25 milliards d’euros. Même si ces derniers se plaignent suite à la chute des paris, grandement basés sur les événements sportifs, qui représentent 40% de leur chiffres d’affaires, les clients du Casino se reportent sur les jeux en ligne, les découvrent pour certains, et ils pourraient bien ne pas revenir si la crise dure trop longtemps».