METZ
FABRICE BARBIAN

Emma Lavigne est la nouvelle directrice du Centre Pompidou-Metz

Passée par la Cité de la Musique et le Centre Pompidou de Paris, Emma Lavigne a succédé à Laurent Le Bon à la tête du Centre Pompidou Metz (CPM). Hier, la conservatrice, née en 1968, a dévoilé le programme 2015 mais également ses ambitions pour le CPM, à l’occasion de sa première sortie médiatique.

«Je ne cherchais pas un job. D’autres postes très intéressants étaient disponibles et je n’ai pas postulé. Je suis venue à Metz car je voulais être ici. Metz et plus généralement encore la région composent un terrain propice à l’imaginaire.

Mon ambition pour le Centre Pompidou-Metz est d’y organiser des expositions qui soient des échos du monde et de mettre l’accent, aussi, sur la pluridisciplinarité des formes d’art. C’est un terreau parfait pour exprimer ce que j’ai à dire», explique Emma Lavigne, qui a pris les rênes du Centre Pompidou-Metz depuis le début de l’année, lors de sa première conférence de presse.

L’occasion de parler d’autre chose que des difficultés qu’a pu rencontrer le CPM, ces derniers mois, pour boucler son budget - il manquait une million d’euros sur un budget de 12,1 millions d’euros, que les collectivités ont réussi à réunir- et se débarrasser des «mousses» qui ont «grignoté» son toit blanc.

Place au programme, donc. En 2015, le CPM présente neuf projets, alternant grandes expositions et installations in situ, qui occuperont l’ensemble des quatre espaces d’exposition et le Forum. Sans trop entrer dans les détails, trois importantes monographies seront consacrées à de grandes figures de la création et de la pensée contemporaines : Michel Leiris (l’exposition réunira des chefs-d’œuvre: Picasso, Miro, Bacon…), Andy Warhol et Tania Mouraud. «Tania Mouraud à qui nous consacrerons une grande rétrospective et qui sera présente à nos côtés plusieurs semaines durant. Il faut savoir que pour elle, Metz est une ville d’accueil», souligne Emma Lavigne dont l’une des ambitions est de mieux faire connaître les artistes femmes.

Trois expositions thématiques, une immersion dans les années 1990, l’art et thérapie et l’art depuis 1880 à nos jours «figurent également au programme. Et il y a les» échos du monde «avec des œuvres in situ.»

«Jusqu’au 28 mars, nous accueillons notamment Yoko Ono et ses Wish Trees, un arbre sur lequel les visiteurs ont la possibilité d’écrire leurs désirs sur des morceaux de papiers qu’ils accrochent aux branches de l’arbre», précise la directrice qui connait personnellement Yoko Ono pour avoir travaillé avec elle, à plusieurs reprises, alors qu’elle exerçait son métier, en free-lance, aux Etats-Unis et au Canada.

En corrélation avec le pavillon français de la 56e Biennale de Venise, l’œuvre «Clinamen» du plasticien et musicien Céleste Boursier-Mougenot sera présenté au mois de mai tandis que les œuvres de l’artiste d’origine coréenne Kimsooja seront visibles en octobre, dans le cadre de l’année France-Corée. Une touche asiatique qui prendra encore une toute autre dimension, en 2017, avec une saison consacrée au Japon.

350.000 visiteurs par an

Si le CPM s’ouvre au monde, ses racines et son ancrage sont bien locaux. L’attrait et le dynamisme du CPM passe également par des liens renforcés avec l’ensemble des acteurs culturels et artistiques, à l’échelon de la Grande Région et tout particulièrement avec le Luxembourg. Mais également par une meilleure communication. «Nous affichons effectivement un déficit en la matière», concède la directrice, même si elle n’a pas manqué de lancer une petite pique à la presse locale davantage intéressée ces dernières semaines par l’état de la toiture. Cela dit, si certains rendez-vous ponctuels ne rencontrent pas toujours le succès escompté, le CPM affiche une fréquentation plus qu’honorable.

«L’an dernier, nous avons accueilli 350.000 visiteurs, ce qui est bien au-delà des études prévisionnelles qui tablaient sur 250.000 visiteurs par an. Je n’ai donc pas reçu d’objectifs chiffrés à atteindre. Mais il est certain que l’ambition est d’atteindre l’équilibre financier».