LUXEMBOURG
AMNESTY INTERNATIONAL

Amnesty International sur la Journée mondiale contre la peine de mort

La journée internationale contre la peine de mort est organisée chaque 10 octobre depuis 2003. Instituée par la Coalition mondiale contre la peine de mort, elle est officiellement soutenue par le Conseil de l’Europe et l’UE. Amnesty International Luxembourg revient sur l’importance de cette journée.
«Cela fait plus de 40 ans qu’Amnesty International lutte contre la peine de mort. A l’époque, seuls 16 pays avaient totalement aboli la peine de mort. Aujourd’hui, ce nombre a atteint 106, ce qui représente plus de la moitié des pays du monde, Et si l’on considère les pays abolitionnistes dans la pratique, ou bien qu’existant encore une pratique officielle ou officieuse est de s’abstenir de procéder aux exécutions, ce ratio montre à plus de deux tiers. Cependant, des Etats exécutent encore des personnes – parmi lesquelles des mineurs ou des personnes souffrant de déficiences mentales ou intellectuelles – pour les punir des crimes les plus divers et parfois d’actes qui ne devraient même pas être érigés en infractions. Amnesty International s’oppose catégoriquement à ce châtiment: le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.
En effet, indépendamment de la question de la culpabilité, la peine de mort constitue une violation des droits humains, dont le plus fondamental, le droit à la vie, consacré et protégé dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée à l’ONU en 1948 et ratifiée par une vaste majorité des pays du globe. Elle constitue également un acte de torture en violation des droits protégés par la convention contre la torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants. Enfin au fil du temps, la communauté internationale a adopté plusieurs instruments qui interdisent le recours à la peine de mort, tant au niveau des Nations Unies que du Conseil de l’Europe ou de l’Union Européenne.
De plus, outre son caractère non dissuasif (non seulement les chiffres relatifs à la criminalité n’ont pas augmenté dans les pays qui ont interdit la peine de mort, mais ont même baissé dans certains cas), son caractère irréversible pose problème lorsque l’on sait que l’erreur judiciaire existe. Sans parler des procédures ayant mené à des exécutions dans des systèmes judiciaires violant les règles d’équité les plus fondamentaux, sans assistance judiciaire adéquate,  voire utilisant la torture pour arracher des éléments de preuve. Dans certains pays, l’imposition de la peine de mort est même rendue obligatoire pour certaines infractions, ce qui signifie que les juges ne peuvent pas prendre en compte les circonstances de l’infraction et la situation des accusés lors de la condamnation.
La peine de mort est également clairement utilisée dans certains pays comme un outil politique pour éliminer des opposants, voire des membres de minorités ethniques
ou religieuses.
Enfin, la peine de mort à un caractère discriminatoire en ce sens que les personnes issues de milieux défavorisés ou appartenant à des minorités ethniques ou religieuses risquent davantage d’être condamnées à mort, notamment parce qu’elles ont difficilement accès à une assistance juridique ou sont désavantagées lorsqu’elles ont affaire à la justice pénale.
Amnesty International a recensé l’an dernier au moins 657 exécutions dans 20 pays, soit une diminution de 5% par rapport à 2018 (au moins 690 exécutions). Et bien que ce chiffre soit le plus faible qu’Amnesty International ait enregistré depuis au moins dix ans, il n’inclut-il pas les milliers d’exécutions qui ont probablement eu lieu en Chine.  
Il reste donc encore énormément de travail à faire pour bannir totalement ce châtiment. Amnesty continuera de dénoncer les Etats qui l’appliquent, de tenter de sauver les condamnés et de militer pour que les normes internationales contre la peine de mort se durcissent. Nous soutenons en particulier l’adoption de résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies appelant à un moratoire sur le recours à la peine de mort.»