LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Bénéfice net en hausse pour ING Luxembourg, qui ne semble pas affecté - financièrement du moins - par le contexte règlementaire

La banque ING Luxembourg a encaissé un bénéfice net de 115 millions d’euros en 2018, en hausse de 8% sur un an, a-t-elle annoncé mercredi matin devant la presse. «Je suis fière des progrès que nous avons réalisés», a déclaré sa directrice Colette Dierick, qui s’est montrée surprise par la performance de son entreprise, alors qu’elle prédisait voici un an un bilan moins bon.

Taux bas persistants mais aussi contraintes règlementaires avec Mifid II, GDPR et DSP 2: «La pression sur les coûts est quand même là», a admis la CEO. «Fondamentalement, les perspectives ne sont pas bonnes pour le secteur bancaire», a-t-elle ajouté.

Solides crédits hypothécaires

Il n’empêche, 2018 a été une nouvelle année record pour la banque au lion dont les dépôts ont cru de 3% à 16 milliards d’euros et les crédits de 1% à 8,5 milliards d’euros. A noter le bond de 15% des volumes de crédits hypothécaires, à 2,4 milliards d’euros. «Nous avons fait plus de crédit mais à plus faible marge», a résumé le directeur financier de la banque, Philippe Gobin.

Au total, les revenus ont cru de 6% à 315 millions d’euros et la solvabilité s’affiche à 26%, au-delà du minimum requis. Dans la banque de détail, ING s’est félicité d’être retenue banque principale par 41% de ses clients. «C’est un pourcentage très élevé en comparaison avec les autres pays où ING est présent», a commenté sa directrice. Les encours de crédits ont gonflé de 13% et ceux des dépôts de 7%. En banque privée, les actifs sous gestion ont chuté de 9% mais les crédits ont progressé de 9% tandis que les dépôts de 11%. Pour ce qui est de la banque des entreprises, les crédits ont reflué de 7% et les dépôts ont progressé de 1%.

Digitalisation sans déshumanisation

La directrice a insisté sur les outils digitaux mis à disposition par la banque pour ses clients. De la libération des factures dans le cadre du financement d’un appartement ou d’une maison neuve à l’usage de l’application «My ING» par 81% des clients, l’institution veut se positionner sur ce créneau. «On n’a pas l’intention de créer une banque totalement digitale», a souligné Colette Dierick pour qui la recette gagnante est plutôt une combinaison du digital et de l’humain. A ce propos, ING Luxembourg a prévu plus de 100 engagements en 2019, et affiche 871 salariés au compteur. La banque maintient son parc d’agences à 16 unités au Luxembourg et s’attend à un exercice 2019 moins florissant. «Ce qui n’est pas à sous-estimer, c’est la charge régulatoire», a insisté sa directrice.

Celle-ci ne voit pas d’éclaircie à l’horizon d’un ciel plombé par des taux d’intérêts au ras des pâquerettes. Pour rester rentable, «on est en train de trouver d’autres produits et d’autres services». La transformation est également en marche du côté des fonds du groupe ING Aria Lion qui est devenu un fonds ISR (investissement socialement responsable). A ce propos, ING Solutions Investment Management, la société de gestion luxembourgeoise d’ING, a atteint les 8 milliards d’euros d’actifs sous gestion en 2018. Depuis le Grand-Duché, elle gère des fonds distribués dans cinq pays européens.

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