LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le Statec a enregistré une baisse d’activité de 25% en raison de covid-19, mais moins que les pays voisins

Un quart de l’activité de perdue. C’est le bilan qu’a dressé le Statec face à ces semaines de confinement et d’arrêt de l‘économie, entre le 23 mars et le 17 avril. Pour l’institut, le Luxembourg s’en sort quand même mieux que ses voisins, qui eux accusent un recul de près d’un tiers de leur activité. Il faut bien positiver.

C’est la place financière qui a montré le plus de résistance, «seulement» 10% de baisse d’activité, alors que le secteur représente encore une part massive de l‘économie luxembourgeoise, qui représente un quart de la valeur ajoutée de l‘économie du pays.

Pour le Statec, même si la Bourse a accusé de nettes pertes ces dernières semaines, cela ne s’est pas reflété sur la place financière, car cela va se sentir sur les prix, et non pas la valeur ajoutée en volume.

Le recours massif au télétravail dans cette branche a pu préserver l’activité, à la différence d’autres branches du secteur des services. Sans surprise, la construction et l’horesca sont ceux qui ont le plus souffert en terme de baisse d’activité, 90% chacun, ainsi que les transports (-60%) et l’industrie (-47%).

Le Statec prévoit que si ce régime est encore d’actualité pendant un mois, cela équivaudra à un recul de 2 points de PIB, pour l’institut il est donc important de savoir avec quelle ampleur et combien de temps ces effets vont jouer. Tout cela va dépendre des mesures de déconfinement et de l‘évolution de la situation sanitaire en général.

L’impact sur l’économie est profond

Pour arriver à ces résultats, le Statec a dû faire preuve de créativité. Impossible en effet d’avoir déjà des chiffres habituels pour le mois d’avril, il a fallu se baser sur les chiffres de la France (Insee, OFCE), de Belgique (BFP-BNB) et d’Allemagne (IFO). En estimant la perte d’activité par branche, les spécialistes ont ainsi pu estimer l’impact sur l’ensemble de l’économie.

D’autres données ont été exploitées pour arriver à ces conclusions: les remontées du terrain d’entreprises et de fédérations patronales, les demandes de chômage partiel, les paiements par carte bancaire, le trafic routier, les importations d‘électricité ont également permis d’affiner les résultats.

Le Statec a élaboré deux scénarios de reprise, et dans les deux cas l’impact sur l‘économie est profond. La morosité ambiante n‘échappe pas aux luxembourgeois, que ce soit de la part des entrepreneurs que des consommateurs. La confiance des acteurs économiques s’est effondrée en avril.

Preuve de l’importance de cette crise, le Statec souligne que 30% des salariés ont été mis au chômage partiel en mars et avril, largement plus que pendant la crise de 2008 où «seulement» 3,4% des employés avaient été concernés par le chômage partiel. Ces mesures n’empêchent pas le chômage de progresser, il est déjà passé de 5,1 à 6,6% entre février et mars.