LUXEMBOURG
CATHERINE VERDIER

C’est la rentrée scolaire, une rentrée un peu particulière sous menace sanitaire pour les petits et les grands mais qui ne doit pas faire oublier un fléau qui sévit dans les couloirs d’école et peut détruire des vies: le harcèlement scolaire. Catherine Verdier, psychologue spécialiste de la question, donne quelques conseils pour détecter les signes et soutenir les enfants victimes de ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur.

«La quatrième consultation nationale des 6-18 ans de l’UNICEF-France, nous apprend qu’un enfant sur deux en est victime dès l’âge de 7 ans, l’UNESCO indique qu’un tiers des adolescents dans le monde est victime de harcèlement scolaire. Les chiffres s’emballent inexorablement à travers le monde et les minimiser ne fait qu’aggraver le problème en lui-même et sa résolution. Par ailleurs, l’âge des victimes doit interpeller et nous faire réfléchir de façon urgente aux causes et aux solutions. Le harcèlement scolaire est une violence (physique, verbale, sociale, sexuelle ou cyber-violence) subie par un enfant de la part de ses pairs qui se caractérise “par un comportement intentionnel et agressif survenant de manière répétée dans une situation de déséquilibre de pouvoir réelle ou perçue”. Les conséquences de telles situations entraînent des séquelles physiques, psychologiques, scolaires, émotionnelles, affectives, autant pour les victimes, que pour les harceleurs qui s’enferment dans un rôle d’agresseur, ou pour les témoins (un enfant témoin de violence est un enfant victime).

Le harcèlement scolaire est un phénomène de groupe. A l’instar d’une meute, les enfants se liguent contre un autre dans le but de l’abîmer, voire de le détruire ou le faire disparaître: “Tu es trop nul (gros, moche, con…)”, “Tu ne mérites pas de vivre”, “On ne veut pas de toi ici”, etc. Le cyber harcèlement faisant, aujourd’hui, caisse de résonnance et amplifiant le phénomène et ses conséquences (Perte de l’estime de soi etc). Tout changement brusque d’attitude de l’enfant doit interpeller et voici les huit signes d’alerte qui peuvent vous y aider:  brusquement, l’enfant rechigne ou ne veut plus aller à l’école, son matériel personnel ou scolaire est abîmé ou manquant, brusque chute des résultats scolaires avec difficultés de concentration; ou surinvestissement scolaire soudain, l’enfant est isolé ou s’isole volontairement, l’enfant présente des troubles physiques (sommeil, appétit, troubles psychosomatiques), l’enfant présente de brusques troubles de l’humeur (colère, irritabilité, usage de la force), l’enfant se dévalorise, comportement auto-destructeur, idées noires, symptômes dépressifs. Il est important de ne jamais paniquer ou donner l’impression de s’affoller à l’enfant (ou sa famille): la résolution de la situation tient dans le calme, la fermeté, la lucidité et un travail d’équipe (école-parents principalement).

La prévention du harcèlement entre pairs dès le plus jeune âge passe également par la formation de tous (enseignants, encadrants, médecins, psychologues….) car il se déroule également en dehors de l’école et touche toutes les structures accueillant des enfants (centres sportifs, périscolaire, centres de loisirs….). Se former c’est également prévenir! Alors, en cette rentrée scolaire, ne laissons pas le harcèlement s’installer dans nos vies et celles de nos enfants!»

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