LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’ACA Insurance Day se penche aujourd’hui sur le futur du marché unique

L’Association des Compagnies d’Assurance et de Réassurance organise aujourd’hui son rendez-vous annuel autour du thème «Le futur du marché unique». Des centaines de professionnels du secteur sont attendus tout l’après-midi à l’«European Convention Center» pour débattre de ce sujet. Avec 8.300 salariés, l’assurance est un des piliers de la place financière luxembourgeoise. Rencontre avec le directeur de l’ACA, Marc Hengen.

L’ACA Insurance Day est dédié cette année au futur du marché unique. Pourquoi avoir choisi ce thème?

MARC HENGEN Une des raisons principales c’est que le secteur de l’assurance luxembourgeois a comme grand marché le marché unique, c’est à dire toute l’Europe. En d’autres termes, 90% des clients n’habitent pas au Grand-Duché de Luxembourg mais dans les pays européens. Ce que nous constatons, c’est que cette activité est de plus en plus mal vue par certains dans certains pays. Pas forcément contre le Luxembourg, mais en général, on constate un repli sur les acteurs nationaux.

Pourtant, ce marché unique européen de l’assurance existe depuis 1994 et l’introduction de la souscription en libre prestation de services…

HENGEN C’est sur cela effectivement que le Luxembourg a bâti son expérience. Le deuxième point qui nous a guidé, c’est le Brexit. Dans le programme, il y a une partie non-vie également où le Brexit concerne une fragmentation du marché européen et a des conséquences notables sur les activités d’assurance, y compris celles à Luxembourg.

Il y a beaucoup de compagnies qui ont annoncé leur installation au Luxembourg suite au Brexit. Comment vivez-vous cela à l’ACA: est-ce une bonne nouvelle ou un défi dans la mesure où des adaptations seront nécessaires?

HENGEN Première chose, nous regrettons que le Brexit ait été décidé. Par contre, il va falloir faire avec. Dans le cadre des réflexions des acteurs notamment de l’Angleterre qui sont concernés par le fait que dans le futur, le Royaume-Uni ne fera plus partie de ce marché unique, donc il y a des assureurs qui ont cherché à se relocaliser dans l’Union européenne pour pouvoir continuer à servir leur clientèle existante. Dans ce cadre, le Luxembourg a été retenu plus de dix fois comme la place la plus adaptée pour continuer à faire ce qu’ils faisaient auparavant depuis l’Angleterre. De ce côté-là, il y a un afflux d’activité d’assurance nouvelle qui va s’installer vraisemblablement vers la fin de cette année-ci mais également au début de l’année prochaine. D’ailleurs, on voit déjà dans les chiffres aujourd’hui que la place d’assurance va devenir plus importante. Mais cette fois-ci, c’est principalement sinon exclusivement des activités non-vie qui ont fait le choix de venir au Luxembourg.

Ces activités non-vie ne représentent pas la majorité des activités d’assurance au Luxembourg…

HENGEN Jusque-là non mais ça va changer, ce ratio-là va changer.

Selon vous, l’assurance non-vie va dépasser l’assurance vie en volume au Luxembourg?

HENGEN Non, mais en tout cas elle va certainement gagner en importance par rapport à ce qu’on a aujourd’hui. L’activité non-vie est beaucoup moins importante que l’activité vie aujourd’hui. Mais elle va gagner en importance à partir de l’année prochaine certainement.

Avez-vous déjà des estimations chiffrées des hausses de volume que cela impliquerait?

HENGEN Ca franchement je ne sais pas vous dire à ce stade-ci.

Au programme figure aussi une table ronde sur comment restaurer la confiance au sein du marché unique. Concrètement, avoir une assurance-vie au Luxembourg est considéré comme quelque chose de mal à l’étranger?

HENGEN Pas forcément. Ce qui est derrière, c’est de regarder pourquoi ces personnes ne peuvent pas la faire dans un pays concerné plutôt que d’aller à l’étranger? Alors que vous savez qu’au Luxembourg en matière d’assurance vie, on s’est spécialisé dans un domaine bien spécifique qui est la gestion patrimoniale. Et cela n’a rien à voir avec les marchés de masse qu’il peut y avoir dans d’autres pays.

Le futurologue Magnus Lindkvist, sera présent pour un «keynote speech». Pourquoi avoir fait appel à un futurologue?

HENGEN C’est pour faire varier le programme d’année en année. L’année dernière on avait un fort accent sur les assurances et les problématiques du Brexit. Cette année on va essayer de regarder au futur avec un futurologue. J’espère que ça sera bien vu et bien apprécié par le public.

Comment voyez-vous le futur du marché de l’assurance au Luxembourg?

HENGEN Nous vivons pour le moment une période qui est très intéressante du fait de nouveaux acteurs qui arrivent au Luxembourg. Donc, le futur sera - en tout cas pour le marché luxembourgeois - bien rempli d’activités, en tout cas c’est ce qu’on voit à partir de maintenant. Le challenge, c’est de confirmer Luxembourg comme place internationale d’assurance.

Qui sont les concurrents de Luxembourg?

HENGEN Il y a d’autres pays qui se positionnent un peu comme nous, mais ça dépend maintenant des différents domaines. Par exemple suite au Brexit, Lloyd’s va s’installer à Bruxelles et la Belgique va devenir une place concurrente. Aujourd’hui dans beaucoup de dossiers on est en concurrence directe avec nos collègues irlandais en matière d’assurance-vie.


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