LUXEMBOURG
BERTRAND LECOURT

Le marché de la gestion des déchets est devenu source d’opportunités pour les investisseurs. Structurellement, le marché des déchets est soumis à d’intenses pressions liées à la croissance démographique et urbaine. Au regard de l’explosion des quantités produites, le secteur se trouve en déficit de capacités et d’infrastructures de traitement. Or le problème s’avère être aussi un enjeu majeur de santé publique et d’environnement. En l’absence de financements publics, la délégation du traitement des déchets au secteur privé est devenue normative, offrant à ses acteurs une visibilité sans pareil, en termes de carnets de commande, cash-flows ...

«Le secteur des déchets affiche une surperformance historique 
de 170% par rapport aux actions internationales sur plus de dix ans» dit Bertrand Lecourt, «portfolio manager» chez Fidelity International
Photo: Fidelity - Lëtzebuerger Journal
«Le secteur des déchets affiche une surperformance historique de 170% par rapport aux actions internationales sur plus de dix ans» dit Bertrand Lecourt, «portfolio manager» chez Fidelity International Photo: Fidelity

Les perspectives de croissance de ce marché sont d’autant plus grandes que le modèle économique actuel ne connaît pas d’alternative. Son moteur - la consommation - devrait donc continuer de générer des volumes importants de déchets. Cette quadrature du cercle offre donc une réelle opportunité d’investissement sur un marché d’ores et déjà promis à devenir le «nouvel or vert».

Cet univers d’investissement est encore relativement concentré, animé par une poignée d’acteurs à travers le monde. Cependant, il connaît une forte expansion si l’on sait qu’il compte aujourd’hui plus de 300 valeurs en bourse contre une cinquantaine il y a encore 30 ans. D’ailleurs, sa capitalisation moyenne a été multipliée par cinq depuis 1990. L’univers est aussi large que varié et concerne une chaîne de valeur qui s’étend sur plus de 35 segments allant des activités traditionnelles (collecte, transport, stockage, nettoyage, recyclage), à des activités plus en pointe comme la transformation des déchets en énergie. Les entreprises de ce secteur ont en commun une activité qui repose souvent sur des concessions de long terme, leur procurant ainsi des revenus récurrents qui permettent le versement de dividendes réguliers.

Des segments de naissance verte

Un des principaux atouts de la gestion des déchets est qu’elle est durable par nature, au même titre que d’autres tendances comme la rareté de l’eau, l’urbanisation ou le vieillissement de la population. Ensuite, elle répond à des besoins fondamentaux et constants, elle a donc la particularité de moins subir les phases de volatilité que les marchés actions dans leur ensemble. À l’instar des utilities, les entreprises du secteur présentent l’avantage d’être peu cycliques, offrant par conséquent aux investisseurs une bonne visibilité. Enfin, cette thématique ne s’astreint pas à une étiquette «défensive», un peu restrictive. La réalité est plus nuancée. Il serait plus juste de parler de «croissance défensive» au regard des perspectives que présente le secteur. D’autant qu’au-delà de son cadre traditionnel, la thématique s’étend aujourd’hui à des domaines comme la transformation des déchets en ressources qui sont de véritables segments de croissance verte.

Le secteur des déchets se distingue par sa décorrélation par rapport à l’univers des actions internationales. Ses moteurs de performances sont bien distincts de ceux ayant porté les marchés ces dernières années, notamment les valeurs financières ou les technologiques. Investir sur toute la chaîne de valeur, y compris dans des sociétés innovantes, diversifie par ailleurs l’allocation au sein même de cette thématique. Enfin, le secteur des déchets affiche une surperformance historique de 170 % par rapport aux actions internationales sur plus de dix ans.