SAN JOSE (SAN FRANCISCO)CATHERINE KURZAWA

PayPal développe de nouveaux produits pour être présent au-delà des paiements en ligne

Au siège du poids lourd du paiement en ligne PayPal, on retrouve tous les ingrédients des recettes typiques de la Silicon Valley: des salariés jeunes, un mode de travail ultra flexible et la prédominance de l’innovation. Celle-ci conduit même le groupe à avoir… des points de vente physiques.

Dans le «Showcase» du siège de San Jose, les visiteurs sont étonnés de voir des décors de fast-food, de quincaillerie, de boutique de prêt-à-porter ou encore d’une échoppe de marchand de friandises. Toute cette armada est destinée à la démonstration et à la promotion des nouveaux produits du groupe, qui mise donc aussi sur les commerçants physiques pour poursuivre sa croissance.

«Le cash est notre plus grand ennemi», explique le responsable de l’espace de présentation, Josh Beyers. Pas question pour autant de déclarer la guerre à son rival, PayPal a une approche plutôt inclusive compte-tenu de la part encore élevée (85% selon lui) de l’argent liquide dans les paiements.

Du liquide au numérique

Voilà pourquoi l’application PayPal permet - aux Etats-Unis, en Australie et au Royaume-Uni - d’envoyer de l’argent liquide sur son compte PayPal. De là, il peut être transmis partout dans le monde. Le but? Permettre aux personnes sans carte de crédit de pouvoir faire des paiements en ligne mais aussi que les travailleurs rémunérés majoritairement en cash comme les serveurs aux Etats-Unis puissent envoyer de l’argent ou payer les factures de leur famille à l’étranger, par exemple. Un plafond de 10.000 dollars est toutefois fixé au pays de l’oncle Sam afin d’éviter le blanchiment d’argent, souligne notre interlocuteur.

Mais le cash, ce sont aussi les distributeurs automatiques de billets qui peuvent parfois mettre mal à l’aise certains utilisateurs, chétifs que leur code secret croise le regard d’une personne indiscrète. PayPal a donc développé un outil rapide et sécurisé avec une série de distributeurs pour que le retrait s’effectue sans le code mais via le scan d’un QR code sur le smartphone de l’utilisateur. Il encode le montant désiré, le compte à débiter et la société californienne lui envoie un code en fonction.

L’argent, c’est aussi le nerf de la guerre pour les start-up ou les petits commerces temporaires comme un marchand de glaces par exemple. Via PayPal Working Capital, les PME peuvent emprunter des fonds pour lancer leur affaire. Une curieuse ressemblance avec la microfinance que PayPal préfère présenter comme une manière pour lui «d’assurer le risque». Le groupe revendique à ce stade 1.500 emprunts.

Paiements 2.0.

Dans les commerces physiques, PayPal voit aussi pas mal d’opportunités de développement dans les paiements digitaux combinés. Entendez par-là que l’application PayPal regroupe la fonction de paiement et celle de collecte des points de fidélité dans les boutiques. «Cela donne au consommateur une bonne raison d’utiliser cette technologie», dit Josh Beyers.

Scanner son smartphone, encoder son code PayPal dans le terminal du commerçant ou encore identifier son visage avec son smartphone: autant de manière différentes de payer via l’application, mais dans des magasins physiques.

Le groupe, qui compte 8,5% d’utilisateurs commerçants développe aussi le segment du «software as a service» pour les petites structures qui jugent coûteux de développer leur propre application. En échange, PayPal figure parmi les solutions de paiement proposées.

Et avec une large présence sur le web, PayPal n’oublie pas ses racines et propose aussi d’utiliser les données du compte client pour s’identifier sur des sites d’e-commerce. «63 millions de clients ont choisi d’activer cela», pointe Josh.

Autre innovation, Venmo: cette plateforme américaine permet aux particuliers de se rembourser des frais dans un environnement de réseau social, où les montants sont masqués mais où des émoticônes et des petits messages montrent que le transfert s’est réalisé, via PayPal évidemment. Avec un tel éventail de produits, le groupe de San Jose entend poursuivre sa croissance avec une priorité portée sur ses marchés clés que sont les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni. Au Luxembourg, PayPal Europe est reconnu comme une banque depuis le 2 juillet 2007 et est placé sous le contrôle de la CSSF. Le groupe emploie au Grand-Duché 90 salariés.


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