LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Reporter la hausse annoncée des accises: voilà le souhait du Groupement Pétrolier Luxembourgeois

Le Groupement Pétrolier Luxembourgeois retient son souffle en ce début 2020. Le 7 janvier, une hausse significative des tarifs à la pompe (entre 3 et près de 7 centimes) est intervenue, alors que le secteur avait appris juste avant les fêtes de fin d’année l’intention du gouvernement d’augmenter les accises sur les carburants d’ici au printemps prochain, afin de d’atteindre les objectifs du Luxembourg en matière de réduction de CO2.

«Le Groupement Pétrolier Luxembourgeois recommande fortement au gouvernement de reporter la hausse annoncée des accises en attendant de voir les effets de cette hausse de début d’année sur les volumes de ventes», explique au «Journal» Jean-Marc Zahlen, conseiller énergie et environnement au sein de la Fedil.

Chers biocarburants

A ses yeux, la hausse significative des prix intervenue début janvier résulte de deux effets. D’une part, l’évolution des marchés internationaux avec en toile de fond le regain de tensions entre l’Iran et les Etats-Unis. Et d’autre part, l’accroissement de la part des biocarburants à mélanger aux carburants fossiles en vigueur depuis le début de l’année, directives sur les énergies renouvelables obligent. «Comme les biocarburants sont plus chers que les carburants fossiles, cela a une incidence sur le prix à la pompe», pointe Jean-Marc Zahlen. «Le fait que l’utilisation de biocarburants est la mesure principale pour atteindre les objectifs dans le secteur des transports, dans tous les pays européens, il y aura une forte pression sur les marchés des biocarburants en 2020», ajoute notre interlocuteur.

Réputé bon marché pour les carburants, le Luxembourg perd en attractivité, selon le Groupement Pétrolier Luxembourgeois qui en veut pour preuve le système belge de ristourne rétroactive octroyée sur les accises aux professionnels du transport. Depuis la hausse de 2 centimes des accises sur le diesel intervenue en mai 2019 au Grand-Duché, ce carburant est désormais moins cher pour les en Belgique belges que le prix affiché à la pompe au Luxembourg.

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Il n’y a pas d’alternative à ce carburant, pointe le Groupement Transports Luxembourg

Le diesel ou rien

Le Groupement Transports Luxembourg a connu des jours plus sereins. La hausse récente du prix du diesel ne fait pas les affaires de ses membres, dont la facture de carburants pèse «entre 20 et 30% des frais totaux», pointe Antoine Ries, conseiller à la clc, à laquelle le groupement est affilié.
«Le diesel est le seul produit énergétique qui peut être exploité dans le transport de longue distance, il n’y a pas d’alternative», souligne Antoine Ries. Par conséquent, l’association qui regroupe 200 membres pour quelque 8.000 salariés demande au gouvernement de lever le pied sur la pédale des accises: «Ça serait bien d’attendre un peu parce qu’on ne connaît pas l’impact de la première hausse déjà». En mai 2019, les accises sur le diesel ont gonflé de 2 centimes au litre. Si les chiffres officiels de l’année écoulée ne sont pas encore connus, notre interlocuteur est formel: «Cela se voit au niveau du volume des ventes de diesel au Luxembourg».

Emissions sans frontières
Et de pointer que toute hausse du prix de l’or noir pèse sur la compétitivité des transporteurs luxembourgeois face à leurs concurrents étrangers. «L’objectif du gouvernement est de réduire la consommation de diesel au Luxembourg au détriment des pays limitrophes. Mais à notre avis, cela n’est pas une solution réfléchie pour diminuer les gaz à effet de serre car les émissions restent inchangées». Si les prix ne passent pas la frontière, ce n’est pas le cas de la pollution générée par le trafic. Pour résoudre l’équation, les transporteurs invitent les autorités à plancher sur d’autres sources énergétiques comme le gaz liquéfié pour lequel les stations de rechargement manquent mais aussi l’éco combi ou «super-truck», actuellement interdit sur les routes du Grand-Duché. ck

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