PARIS/LUXEMBOURGCATHERINE KURZAWA

C’est ce que prévoit l’OCDE en zone euro dans ses dernières Perspectives économiques

Le plus dur est passé, à en croire l’Organisation de Coopération et de Développement économique. En marge de ses Perspectives économiques présentées hier, l’OCDE a fait part de signes de reprises sur le front de l’investissement et du commerce extérieur, tout en prévoyant une croissance modérée par rapport au passé. Dans son discours, le secrétaire général Angel Gurria a affirmé que «l’activité s’accélère dans les économies avancées et tire la reprise mondiale, alors que les moteurs de croissance momentanément en sous régime, comme l’investissement et le commerce extérieur, redémarrent.» Bref, le tableau économique n’est pas encore au beau fixe, d’autant que «les pays doivent faire davantage pour favoriser une économie résiliente et inclusive et renforcer la création d’emplois.»

L’indexation des salaires dans le viseur

Pour ce qui est du Luxembourg, l’OCDE se montre dubitatif. D’un côté, l’organisme met en avant les investissements à venir vers les fonds commun de placement mais de l’autre, le faisceau de réformes à venir sur le front de la TVA intérieure et pour le commerce électronique freine ses ardeurs. Et d’ajouter que «le mécanisme d’indexation rétrospective des salaires, pourrait transmettre les effets de l’augmentation de la TVA sur les salaires, portant ainsi préjudice à la compétitivité.» L’OCDE suggère au Grand-Duché des efforts supplémentaires d’assainissement budgétaires, mais aussi des réformes sur le front du chômage et du système éducatif qui «augmenteraient le potentiel de croissance.»

En attendant, les prévisions chiffrées sont plutôt rassurantes puisque l’OCDE s’attend à 2,8% de croissance du PIB au Luxembourg cette année, contre 2,2% dans l’ensemble des pays membres de l’organisation. Quant au chômage, le Grand-Duché devrait également se situer sous la moyenne OCDE, à 7,1% cette année contre 7,5%. Et pour 2015, la croissance devrait certes être un peu moins forte que dans la moyenne (2,5% contre 2,8%) mais le chômage est attendu en-deçà, avec 7,1% contre 7,2% dans les 34 pays membres.

Arrière-goût de crise

En tête des contrées les plus dynamiques, les BRIICS retiennent l’attention de l’OCDE qui table pour 2014 et 2015 sur respectivement 5,3% et 5,7% de croissance. La Chine devrait à elle-seule se situer sous les 7,5%, loin devant les États-Unis (2,6% et 3,5% de croissance attendue) et le Japon (1,2% environ). Pour ce qui est de la zone euro, l’organisation prévoit le retour de la croissance après trois années de contraction. Elle devrait s’élever à 1,2% en 2014 et à 1,7% du PIB l’année prochaine. Pour autant, le champagne n’a pas encore de raison d’être débouché. D’une part, le chômage est attendu bien au-delà de son niveau d’avant crise, avec 11,5 millions de chômeurs supplémentaires soit un total de 44 millions de personnes sans emploi à la fin 2015.

D’autre part, l’économie demeure fragile et l’OCDE distille donc ses recommandations. «Une nouvelle réduction des taux d’intérêt est justifiée», martèle l’organisation en direction de la BCE. Ensuite, elle juge «urgent d’améliorer la santé du secteur bancaire» et plaide pour la poursuite des réformes engrangées, à commencer par la mise en place de l’union bancaire. Enfin, l’OCDE ne donne pas de solution mais appelle à des programmes de réformes structurelles pour créer des emplois et stimuler la croissance.
www.oecd.org