Consacrer davantage de temps à sa vie familiale ou à une autre activité professionnelle, voilà ce qui peut mener les salariés à opter pour le travail à temps partiel.
En 2010, 15% d’entre eux étaient à ce régime. Une formule qui attire davantage de femmes (84%) que d’hommes. Mais ce n’est pas la seule disparité, pointe le Statec dans deux rapports. Tout d’abord, le secteur d’activité est déterminant, puisque 40% des travailleurs dans la santé et l’action sociale sont des temps partiels, contre 3% dans la construction. «De manière générale, plus il y a de femmes qui travaillent à temps partiel, plus il y a des hommes dans la même situation», pointe le Statec. Par ailleurs, le niveau d’éducation joue beaucoup, en particulier pour les femmes chez qui 46% des travailleurs à temps partiel ont un faible niveau d’éducation. L’âge du salarié influe également la tendance puisque «plus il est âgé, plus il est probable qu’il travaille à temps partiel.» Cela est particulièrement vrai pour les femmes, où 33% des employées à temps partiel sont âgées de 60 ans ou plus, contre 17% chez les hommes. En ce qui concerne la nationalité et le lieu de résidence, les écarts sont moins nets mais l’étude conclut à une part plus importante de ressortissants luxembourgeois (20%) que d’étrangers dans les emplois à temps partiels. Par rapport aux frontaliers, les résidents sont un peu plus enclins à travailler à temps partiel, soit 17% contre 13 à 14% selon le pays d’habitation.
Une question d’argent
Du côté du temps de travail, le Statec relate que plus d’un travailleur à temps partiel sur deux preste davantage qu’un autre à mi-temps. Quant aux salaires, ils varient en fonction du taux d’occupation, soit la part du temps de travail d’un salarié à temps partiel par rapport à une occupation à temps plein. «Les salaires horaires médians augmentent avec le taux d’occupation des salariés», indiquent les chercheurs qui montrent qu’entre 50 et 74% de taux d’occupation, les hommes gagnent plus que les femmes mais qu’au-delà, l’inverse se produit. «Beaucoup de femmes travaillant à temps partiel ont un emploi dans des branches mieux rémunérées comme la santé, les activités financières et d’assurance, l’administration publique et l’enseignement.» Aussi, le niveau d’éducation pèse sur les revenus, mais pas dans le sens où on pourrait l’entendre. À un niveau d’études secondaire supérieur et un taux d’occupation de 75 à 89%, le salaire horaire est plus élevé que celui d’un temps plein. L’ancienneté a également un impact sur la rémunération, surtout en ce qui concerne les taux d’occupation supérieurs à 50%, démontre le Statec. Quant aux catégories socio-professionnelles, sans surprise «le salaire horaire des cols blancs qualifiés est près de trois fois plus élevé que celui des cols bleus non qualifiés.» Et si généralement le salaire augmente avec le taux d’occupation, l’exception à cette règle concerne les cols bleus qualifiés, à savoir les artisans et travailleurs manuels qualifiés, dont le salaire horaire diminue en tendance avec le taux d’occupation. Enfin, le taux d’occupation influence toujours la rémunération des travailleurs à temps partiels, qu’ils soient résidents ou frontaliers. Cependant, l’étude conclut à un salaire horaire quelque peu plus élevé chez les résidents allemands, tandis que les frontaliers français seraient les moins mieux lotis.
www.statistiques.lu


