LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le Statec tente d’évaluer l’impact économique du coronavirus au Luxembourg

Le scénario de base était plutôt prudent, sa version remaniée est carrément grippée. Le coronavirus pourrait coûter cher au Luxembourg, à en croire une publication du Statec diffusée lundi à l’avant-veille de sa prévision à moyen terme.

Si dans son scénario central l’institut de statistiques table sur une croissance du PIB luxembourgeois de 2,8%, elle pourrait être rabotée à 0,7% sur base d’une simulation de choc concoctée sur base des indications d’Oxford Economics. «Le choc sur l’économie luxembourgeoise serait comparable au choc négatif subi lors de la crise des dettes souveraines en zone euro de 2012/2013», écrit le Statec.

La machine économique a déjà ralenti au Grand-Duché puisque pour les trois premiers trimestres de 2019, la croissance s’est affichée à 2,1% contre 3,1% pour l’année précédente. «L’emploi est clairement entré dans une phase de ralentissement au Luxembourg en 2019», note l’institut qui voit dans la chute des marchés boursiers un élément «de mauvais augure» pour l’économie du Grand-Duché.

La finance pèse plus lourd que la Chine

Avec une prépondérance du secteur financier dans son tissu économique - puisque le secteur pèse entre 25% et 30% du PIB - le Luxembourg figure en mauvaise posture face aux turbulences que connaissent les marchés boursiers ces dernières semaines. En revanche, l’impact direct des relations commerciales avec la Chine - d’où est originaire le coronavirus - demeure mineur pour le Luxembourg puisque l’Empire du Milieu pèse 1% des exportations du Grand-Duché et 0,5% des importations. Il n’empêche, vu le poids économique de la Chine et ses échanges soutenus avec les premiers partenaires du Luxembourg, Allemagne en tête, le risque n’est pas à négliger.

L’influence du pays sur les chaînes de production mondiale n’est plus à démontrer et dans le même temps, le coronavirus a largement dépassé ses frontières pour se propager dans le monde entier.

La guerre commercialepasse à l’arrière-plan

«Il est encore trop tôt pour déceler un éventuel effet de l’épidémie du Covid-19 sur les chiffres d’exportations et d’importations du Luxembourg», écrit le Statec qui ne voit pas de signes majeurs d’inquiétude dans les indicateurs, sauf en ce qui concerne les services non-financiers.

L’heure est à la prudence donc dans un scénario où les cartes sont remaniées. D’un ralentissement attendu de la croissance du PIB chinois anticipé à la fin de l’année 2019 sur fond de guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’Empire du Milieu, l’impact du coronavirus incite les analystes à revoir leur copie. Pour le Statec, le Covid-19 représente «un facteur supplémentaire de ralentissement» et «une menace susceptible d’amputer significativement l’activité mondiale, européenne et nationale à court terme».

www.statec.lu