LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’arrivée d’Arthur au Luxembourg fait du bruit, et le personnage intrigue

Il fait partie de ces personnalités connues du monde des médias. Il appartient à la communauté de ceux qui se font interpeller en rue, avec des demandes de photos et d’autographes mais aussi des réflexions du genre: «Je vous imaginais plus grand à la télé.» Mais Arthur a plus d’un tour dans son sac. Si la majorité du public voit en lui un animateur sympa, les évènements de la semaine dernière montrent qu’il est aussi un redoutable homme d’affaires.

Le déménagement de sa société AWPG de Paris vers Luxembourg a fait grand bruit, à l’heure où de plus en plus de célébrités quittent l’Hexagone. Mais son attachée de presse est formelle: «Pas d’exil fiscal» mais un déménagement stratégique, en vue d’un développement à l’international nous dit Françoise Doux.

Petit Arthur deviendra grand

Arthur a tout pour plaire : un parcours hors du commun parti de presque rien, la célébrité, l’argent (130 millions d’euros estimés l’an dernier) et il a même été marié à un mannequin. Mais commençons par le commencement: en mars 1966, Jacques Essebag, de son vrai nom, naît à Casablanca, au Maroc. Fils d’un expert-comptable et d’une femme au foyer, la famille juive séfarade migre vers la région parisienne pendant la guerre des Six jours. Le jeune homme commence à étudier le droit puis il goûte à la radio et laisse définitivement tomber son cartable pour le micro. En 1986, il débute sur une petite station fermée depuis lors où il présente les informations. Un an plus tard, il arrive sur les ondes de RFM pour animer l’émission du matin. Il prend alors le pseudonyme sous lequel tout le monde le connaît: Arthur.

Débuts en télé

Pendant les années ‚90, il devient l’une des plus grosses personnalités de la radio. Il voyage de station en station, toujours pour animer des émissions destinées aux jeunes auditeurs. En parallèle, il commence la télévision et lance plusieurs concepts sur la chaîne publique France 2. Suite à un conflit, il revient sur TF1 où il avait fait ses débuts. Il y exporte ses créations comme «La Fureur», une émission de divertissement organisée autour d’un karaoké ou encore, «Les enfants de la télé», un talk-show dans lequel il reçoit des célébrités et diffuse leurs «casseroles», à savoir, les extraits de leurs premières apparitions à la télévision. Cette émission est d’ailleurs toujours diffusée, et réalise de bons scores d’audience.

Mais ce n’est pas tout, Arthur développe de nouveaux concepts pour TF1 via sa société, Case Productions. Celle-ci devient ensuite ASP Productions et est rachetée au début des années 2000 par Endemol. Mais en 2006, le producteur revend ses parts dans ce monstre de la télévision et deux ans plus tard, il monte sa holding AWPG, Arthur World Participation Group.

Plus d’un tour dans son sac

Animateur des «Enfants de la télé», de la soirée du réveillon de nouvel an sur TF1 mais aussi de l’émission «Ce soir avec Arthur», il est présent partout. Et hors de la télé aussi: en 2005, il se lance dans le spectacle avec son one-man show «Arthur en vrai.» Deux ans plus tard, le public le retrouve au théâtre pour «Le Dîner de cons» puis en 2010, il repart pour un nouveau seul en scène. Il apparaît aussi dans quelques films en tant qu’acteur, et en tant que producteur.

Pas si people que ça

S’il donne l’image d’être proche de bon nombre de célébrités en France, «il n’est pas l’ami des stars», précise son attachée de presse. Pourtant, son meilleur ami est Dany Boon, très connu depuis le succès de son film «Bienvenue chez les Ch’tis.» «Ils se sont connus à leurs débuts, et sont restés amis depuis», explique la collaboratrice. «Il ne cherche pas à s’entourer de gens connus, il a juste ses fidèles.» D’ailleurs, la plupart des membres de son équipe l’ont toujours entouré depuis le début.

Son associée à la tête de sa holding, par exemple, Judith Aboulkheir, «ils se connaissent depuis qu’ils ont 17 ans.» Réputé bosseur, il fréquente rarement les soirées people et «déteste sortir en boîte», nous confie son attachée de presse. «Mais si un ami le lui demande, il ira pour lui», ajoute-t-elle.

Réputé fidèle en amitié et en affaires, il serait «très respecté des grands patrons.» Cela ne nous dit toujours pas pourquoi il a déménagé sa holding au Grand-Duché. Pour les impôts? Passer de 33% à 29% de taux d’imposition n’est pas le deal du siècle… Par contre, l’exonération des actionnaires sur les dividendes perçus , l’exonération des plus-values de cessions de filiales et le transfert des bénéfices d’une filiale basée dans un autre pays pour payer des impôts au Luxembourg; voilà bien quelques points qui ont certainement joué sur la décision de Jacques Essebag. Mais tout comme le public ne connaît pas tout de la vie de cette personnalité pourtant fort exposée, il demeure une part d’ombre dans toute cette affaire.