BERTRANGE
CATHERINE KURZAWA

Cactus joue la carte du multi-format avec un ancrage local

Une enseigne leader du marché dans son pays d’origine et qui n’a aucun point de vente au-delà des frontières, c’est une espèce en voie de disparition dans le monde très globalisé de la grande distribution. Pourtant, c’est la réalité de Cactus. À la question de savoir si ce statut particulier a déjà éveillé l’appétit de groupes internationaux pour un possible rachat, son administrateur-directeur Laurent Schonckert répond «certainement» mais dribble habilement vers d’autres sujets, à commencer par les projets de développement de l’enseigne qui fêtera l’an prochain ses 50 ans. Fin 2017, deux supermarchés devraient ouvrir à Bettembourg et dans un centre commercial à Marnach. Puis à l’horizon 2019-2020, une implantation à Esch-Lallange se profile dans un projet original comprenant 2/3 de commerces et 1/3 de logements. Au même moment, une ouverture à Roodt-sur-Syre devrait porter à 49 le total des points de vente ouverts.

«Ce n’est pas une obsession pour moi de dire que j’ai trois de plus ou deux de moins que la concurrence», affirme Laurent Schonckert. «On revient au bon vieux temps où chaque village a son épicerie. Ça ne peut pas fonctionner». Il n’empêche, Cactus suit le mouvement et développe ses formats de proximité avec d’un côté Cactus Marché principalement concentré en zones urbaines et de l’autre côté Cactus Shoppi, en majorité adossé à des stations-essence. «La proximité, c’est un métier d’avenir mais il reste toujours le même problème, il faut trouver le bon emplacement», nuance le responsable. Il affirme entretenir des contacts réguliers avec des agents immobiliers mais se montre très prudent dans la démarche de renforcement du maillage de Cactus: «Sur dix projets, il y en a neuf que nous refusons».

Tout en souplesse

Cactus revendique une série d’atouts, à commencer par son personnel. Troisième plus gros employeur privé du pays avec 4.060 salariés selon les derniers chiffres du Statec, l’enseigne se plaît à mettre ce nombre en regard de son statut de plus petit des acteurs du retail au Luxembourg. «Nous sommes comme dans Astérix, un village de résistants», plaisante Laurent Schonckert. Les magasins multiformats contribuent aussi à la force de l’enseigne, dont le positionnement varie de la petite épicerie de proximité à l’hypermarché avec plus de 100.000 références pour la Belle-Etoile. Les gammes propres, tant axées sur les produits bio que régionaux sont également mises en avant au même titre que la propreté des magasins et leur emplacement.

«Nous jouons à domicile», souligne l’administrateur-directeur qui affirme s’adapter à la demande locale. Par exemple, dans les points de vente du sud du pays, une petite offre de produits issus de l’ex-Yougoslavie est disponible tandis qu’à la Belle-Etoile, un «British corner» cible directement les expatriés britanniques. «Ici, il n’y a pas un client type, ce qui rend la composition de l’assortiment plus complexe. Mais nous avons un atout, celui de nous adapter vote avec l’offre parce qu’on connaît mieux le client».

Et dans un marché où chaque enseigne revendique sa spécificité, Cactus brandit son slogan: «Nëmmen dat Bescht». «Delhaize et nous, nous sommes dans nos approches qualitatives les plus proches l’un de l’autre», selon Laurent Schonckert.

Tandis que certaines enseignes concurrentes jouent la carte du shopping en ligne, Cactus a de son côté fermé son service de livraison à domicile Cactus@home en février dernier. «C’est un métier à part», rétorque le responsable qui dit avoir appris de cette expérience. Il a en effet reçu des demandes d’entreprises et de collectivités pour la livraison de produits en gros volumes, une activité maintenue depuis lors. «On en reparlera dans un avenir plus ou moins proche», confie l’administrateur-directeur qui se montre déterminé: «Nous sommes prêts pour les défis des prochaines années», conclut-il.

www.cactus.lu