LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le CES a rendu lundi son avis dédié au modèle économique luxembourgeoisdans les mutations technologiques

Des images de synthèse au rapport de synthèse: le Conseil Economique et Social (CES) a présenté lundi son avis dédié au «Modèle économique, social et sociétal luxembourgeois dans les mutations technologiques». Dans la foulée d’une saisine gouvernementale datant de décembre 2016, l’institution a dressé une série de recommandations rédigées sur base de douze auditions menées entre septembre 2017 et juillet 2018.

Si le Luxembourg est plutôt bien classé en matière de transformation numérique par les organismes internationaux, le CES a pris le temps d’examiner la situation secteur par secteur. En découlent 93 pages de recommandations basées sur une trajectoire différente de la précédente mouture, dans la mesure où le CES n’a pas suivi la structure de l’étude stratégique autour de la «Troisième Révolution Industrielle» pilotée par Jeremy Rifkin.

De la 3ème Révolution Industrielle à la digitalisation 4.0

L’institution pointe d’ailleurs dans son rapport plusieurs lacunes à ce rapport, comme le peu de place accordé au volet social et sociétal et l’absence des aspects liés à la protection des données et de la vie privée. Le CES appelle à la «prudence vis-à-vis des prédictions et projections qui peuvent se situer assez éloignées de la réalité».

«On va continuer à faire du Rifkin mais sans la marque Rifkin, ça sera la digitalisation 4.0», a commenté le co-président de la Commission du Travail, Nicolas Henckes, qui ne balaie pas les travaux de l’économiste américain du revers de la main mais les considère comme «un point de départ».

Quant à l’annonce jeudi dernier de la création d’un ministère de la Digitalisation au sein du gouvernement «Gambia 2», le CES se montre prudent. «Ça fera bien sur le papier mais on attend de voir ce que ça va donner», insiste Nicolas Henckes.

Et à Frédéric Krier de la Commission de rédaction d’ajouter que le CES propose de créer un haut comité pour coordonner les différents acteurs.

La stratégie Europe 2020 en ligne de mire

«Nous sommes d’avis que la digitalisation concerne toutes les couches de l’économie au Luxembourg», insiste le président du CES, Marco Wagener. Malheureusement, tout le monde n’embarque pas à bord de ce train. «Les PME ont du mal à se lancer dans la digitalisation», ajoute Nicolas Henckes, par ailleurs directeur de la clc (confédération luxembourgeoise du commerce).

Raison de plus pour accélérer les choses, d’autant que les nouveaux secteurs prioritaires représentent environ 9,6% de la valeur ajoutée brute et 7,8% de l’emploi salarié. Le CES appelle le gouvernement à renforcer ses efforts en matière de développement des énergies renouvelables et en R&D, des domaines où le Grand-Duché se situe sous les objectifs nationaux liés à la stratégie Europe 2020. Le temps presse.

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