On sait à quel point 2015 est l’année du changement au Luxembourg avec l’instauration de nouvelles règlementations aux impacts sensibles sur les finances publiques. Mais plus de peur que de mal, pourrait-on conclure au vu des données publiées hier par le Statec dans son «Conjoncture Flash». Au premier trimestre 2015, 106 millions d’euros supplémentaires sont entrés dans les caisses de l’Etat, soit une progression annuelle de 3,1% contre 5% pour l’ensemble de l’année 2014. Si les recettes de la TVA liées au commerce électronique ont fondu de 23% (à 66 millions d’euros), la hausse de la TVA a permis de contrebalancer le phénomène puisqu’en excluant l’e-commerce, les recettes ont rapporté 106 millions d’euros. Mais attention, la baisse des accises sur le tabac octroyée en compensation de cette hausse de 2% de la TVA a fait perdre 59 millions d’euros par rapport au premier trimestre 2014. Au final, d’autres sources ont alimenté les revenus de l’Etat comme l’impôt sur le revenu des ménages (+76 millions d’euros), l’impôt sur la fortune (+41 millions d’euros) et la taxe d’abonnement (+33 millions d’euros).
Changement de tendance
Au niveau de la consommation, le Statec souligne la baisse annuelle de plus de 3% des immatriculations d’automobiles début 2014, liée vraisemblablement à la hausse de la TVA au début de l’année. Une tendance contraire à celle rencontrée en zone euro où les ventes de voitures ont progressé de 10% sur la même période. Néanmoins, cette tendance pourrait indirectement profiter au Grand-Duché via les industries concernées comme la sidérurgie et les équipementiers automobiles, note l’institut de statistiques.
Globalement, le pays devrait bénéficier de la conjoncture favorable qui se profile en zone euro, où la croissance du PIB a atteint 0,4% au premier trimestre de cette année. Les banques de la place financière affichent un résultat avant provision en hausse de 13% sur un an, la confiance des acteurs du secteur financier se redresse, l’emploi intérimaire est sur la pente ascendante avec une accélération des heures prestées tandis que l’inflation est légèrement supérieure à celle de la zone euro, à 0,3% contre un taux nul en avril dans les 18. Autant d’éléments qui semblent encourageants mais qui, comme toujours, nécessitent un certain recul, histoire de voir si la tendance s’établit ou non sur la durée.
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