Le Luxembourg est sur la pente ascendante mais l’heure n’est pas encore à la fête. Voilà en quelques mots les grandes lignes du discours de Robert Dennewald tenu hier soir à la Chambre de Commerce à l’occasion de l’assemblée générale de la Fedil. «La plupart des entreprises ont plus ou moins bien passé l’année 2014, sans toutefois renouer avec les résultats des années d’avant crise», a indiqué le président de la Fedil. Ce dernier n’a pas manqué de remercier le ministre de l’Économie - présent au rendez-vous - pour les efforts accomplis dans le sillage de l’accord bipartite du 14 janvier dernier. La fédération d’entreprises y a obtenu le maintien des taux de cotisations sociales et des impôts payés par les sociétés, deux éléments qui répondent au «besoin de prévisibilité concernant l’évolution de leurs charges», a rappelé le responsable. L’accord inclut aussi un plan de recrutement sur trois ans de 5.000 demandeurs d’emploi inscrits à l’Adem. «Le décalage entre l’offre et la demande sur le marché du travail au Luxembourg est devenu un défi majeur», a souligné Robert Dennewald.
La Fedil sera représentée au comité de pilotage du programme «Entreprises partenaires pour l’emploi» et compte collaborer à la mise en place du «Jobboard» interactif. L’outil permettra aux entreprises de consulter les profils de demandeurs d’emploi inscrits à l’Adem.
Le congé parental dans le viseur
Alors que le nouveau congé parental vient d’être lancé, la Fedil s’est montrée sceptique: «Il ne faut pas oublier que la flexibilité concédée au salarié bénéficiaire du congé parental génère inévitablement la nécessité d’adapter l’organisation et la durée du travail des autres salariés de l’entreprise». Robert Dennewald a plaidé en faveur d’une période de référence légale de quatre mois qui permettrait d’adapter le plan d’organisation du travail (POT) en fonction de chaque entreprise. Dans un autre registre, la Fedil s’est réjouie du redémarrage des travaux du Haut Comité pour le soutien, le développement et la promotion de l’industrie. Ses groupes de travail ont déjà remis des propositions en vue d’améliorer l’image de l’industrie, la R&D, et se penche sur la fourniture d’énergie et l’efficacité énergétique. Autant de chantiers complétés par d’autres: ceux liés à la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne dès juillet prochain. Tout en saluant les objectifs avancés par la Présidence luxembourgeoise, l’organisation a insisté «sur le besoin d’une politique volontariste en faveur de l’amélioration de la compétitivité des entreprises luxembourgeoises et européennes». Pour y parvenir, Robert Dennewald a détaillé quatre priorités que sont une nouvelle gouvernance industrielle, une politique économique et énergétique compétitive, la finalisation du Marché unique européen et l’amélioration de l’accès aux marchés mondiaux via un programme commercial ambitieux. En ligne de mire, le partenariat de commerce et d’échange TTIP en chantier avec Washington. à ces défis internationaux s’ajoutent ceux à relever au plan national sur base des recommandations de la Commission européenne.
De la position fiscale à la réforme des pensions, en passant par la réforme de l’indexation des salaires, de la baisse du chômage des jeunes et des émissions de polluants: il y a du pain sur la planche.


