LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Clearstream fait le point sur ses activités et sa présence au Luxembourg

En décembre dernier, la société financière Clearstream faisait parler d’elle avec un plan social qui touchait 212 de ses 1.080 salariés en place au Luxembourg. Trois mois plus tard, le CEO de la chambre de règlement-livraison Philippe Seyll précise que «le plan social est l’une des mesures d’un plan de gestion des coûts». Celui-ci inclut une renégociation des contrats de fourniture des services et des déménagements pour certains bureaux. Clearstream possède en effet douze implantations en plus de celle du Luxembourg. «Tous ces plans de réduction des coûts ont pour objectif d’augmenter la capacité d’investissement de la société», insiste le responsable.

Clearstream affiche clairement son intérêt pour les outils d’intelligence artificielle, de robotique et de blockchain. Dans ce domaine, elle a d’ailleurs investi dans la start-up HQLAX, hébergée à la LHoFT. «L’idée est de déployer cette start-up», dit Philippe Seyll, pour qui les atouts de la blockchain sont nombreux: rendre l’information disponible en temps réel à toutes les contreparties connectées, opérer un échange de titre de propriété dans une configuration dynamique et jouir d’une inaltérabilité: «Lorsque la chaîne est composée, son ADN ne peut pas être changé. Au point de vue règlementaire, c’est assez confortable je trouve».

Clearstream peut bénéficier du soutien de sa maison-mère, Deutsche Börse, qui a investi 500 millions d’euros dans les activités luxembourgeoises en cinq ans. «Et ça va continuer», promet Philippe Seyll qui souligne même que sa société recrute. 96 salariés l’an dernier, après 79 en 2017. Recruter d’un côté alors que de l’autre on réalise un plan social… Oui mais «avec des profils différents: de contrôle, de sécurité de l’information, de l’intelligence artificielle».

Le Brexit? Même pas peur!

En 2018, Clearstream a vu son bénéfice net croître de 17% à plus d’un milliard d’euros, pour un chiffre d’affaires de 2,77 milliards d’euros (+13%). Dans un communiqué de presse, le groupe explique cette performance par la volatilité des marchés et la hausse des taux d’intérêts américains, deux points que l’on retrouve plus souvent parmi les éléments perturbateurs que propulseurs pour des sociétés financières. «La volatilité signifie plus d’ordres sur le marché, plus de transactions, plus de revenus», synthétise Philippe Seyll. Quant aux taux américains, dans la mesure où la chambre de règlement-livraison échange des titres contre du cash, elle a des bas de laine bien fournis: 12 milliards répartis pour moitié en dollars et pour l’autre moitié en euros et autres devises. «Si les taux d’intérêts sur les comptes augmentent (ce qui est le cas pour ceux en dollars, ndlr.), on reçoit plus de revenus venant des intérêts».

Reste que le ralentissement économique, l’augmentation du risque et l’incertitude politique caractérisent ce début d’année 2019. Voilà pourquoi la maison-mère de Clearstream a réduit ses attentes pour l’exercice en cours et table à présent sur une croissance de son bénéfice net d’environ 10%, contre 17% en 2018.

Et là où le Brexit est souvent pointé du doigt par les groupes financiers, ce n’est pas le cas de Clearstream qui le voit plutôt comme une opportunité. «Le Brexit influence très peu notre activité», soutient le CEO qui observe plutôt les relocalisations de sociétés de la City vers le Continent. «Des entreprises opérant à partir du marché anglais se domicilient en Europe et pourraient éventuellement reconsidérer travailler avec Clearstream si elles ne le font pas aujourd’hui». La chambre de règlement-livraison n’a pas dit son dernier mot.


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