LUXEMBOURG
CLAUDE KARGER

Quel impact sur l’économie britannique aurait une sortie du pays de l’UE?

Economiquement parlant, la Grande-Bretagne aurait-elle plus à perdre qu’à gagner en sortant de l’Union Européenne? C’est une des questions au coeur du débat déclenché par le discours du Premier ministre conservateur David Cameron, le 23 janvier dernier annonçant un référendum sur le maintien de son pays dans l’Union. Les spécialistes sont d’accord pour dire que l’économie britannique serait perdante dans le cas d’un «Brixit».

Plus de liberté ou avalanche de négociations?

Le vice-Premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg a tout de suite souligné que «la perspective d’un référendum aura des conséquences négatives pour la fragile reprise de l’économie britannique. Des années et des années d’incertitude du fait d’une renégociation interminable et mal cadrée de notre place en Europe affectent la croissance et l’emploi». Des organisations patronales ainsi que des chefs de grandes entreprises ont eux aussi mis en garde contre le climat d’incertitude créé par l’annonce d’un référendum, un contexte qui pourrait décourager des investisseurs. D’autres estiment au contraire que la sortie de l’UE - ébranlée par la crise de l’eurozone - pourrait attirer davantage d’investisseurs considérant la Grande-Bretagne comme un havre certain. à noter qu’Albion se trouve elles aussi dans de mauvais draps point de vue endettement et déficit public.

Ces cercles soulignent aussi, outre le fait que le Royaume-Uni pourrait économiser des dizaines de milliards d’euros en arrêtant ses contributions à l’UE, que se soustraire à des réglementations européennes permettrait de développer davantage divers créneaux économiques. Mais cette plus grande liberté ne serait qu’apparente, mettent en garde d’autres, redoutant le poids de la négociation permanente d’accords bilatéraux avec les pays membre de l’UE. Ces mêmes intervenants craignent qu’une sortie de l’Union affaiblisse le pouvoir de négocation commerciale du Royaume-Uni dans le monde. Et la question se pose de savoir si les investisseurs étrangers continueraient à faire leur business européen depuis l’île si cela devient de plus en plus complexe.

53% des marchandises partent vers l’UE

L’UE représente le plus important marché unique pour les exportations britanniques: 53% des marchandises sont exportées vers l’Union, surtout des produits pétroliers et dérivés, des pièces de machinerie (pour le nucléaire par exemple), des véhicules et des produits pharmaceutiques. Les Etats-Unis sont le deuxième plus gros client (17% des exportations).

Sur le continent, l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, l’Irlande et la Belgique sont les plus gros acquéreurs de marchandises britanniques selon les statistiques de novembre 2012 de la douane britannique. En tout et pour tout, le Royaume-Uni reste un importateur net, c’est-à-dire que le volume d’importations dépasse celui des exportations.

Enfin, la place financière de Londres reste l’un des plus gros moteurs de l’économie britannique, malgré le fait qu’elle fut assez malmenée par la crise. Les partisans du «Brixit» argumentent qu’elle sera moins restreinte par les régulations européennes et saura se soustraire notamment à une taxe sur les transactions financières soutenue actuellement par 11 états membres. Les banquiers britanniques sont, eux, plutôt en faveur d’un maintien de leur pays dans l’UE. Par crainte de voir restreint leur accès aux marchés des capitaux européens... et aux marchés des pays en voie de développement. Beaucoup voient en effet l’UE comme un facteur important dans l’ouverture de nouvelles opportunités économiques.