LUXEMBOURG
CK

Les entreprises cherchent leur chemin

Les changements qui affectent le marché des voitures de leasing se reflète aussi auprès des utilisateurs de ces véhicules. Explications avec un gestionnaire de flotte et COO de l’entreprise de services informatiques CRI, Rudy Kech.

Quelles problématiques rencontrez-vous en tant que «fleet manager»?

RUDY KECH Une perte d’engouement pour le véhicule de société, avec des véhicules qui reviennent de plus en plus sur le parking sans utilisateur.  Une autre problématique, c’est de trouver des formules qui permettent d’optimiser l’avantage des employés. A l’heure actuelle on dit que le diesel n’est plus intéressant, que l’essence est polluante et que l’électricité est la panacée. Or, en pratique, pour un véhicule de société, il n’y a quasi aucun véhicule électrique qui soit assez compétitif. Ils sont trop chers en termes de loyer car, j’imagine, il n’y a pas assez de visibilité sur leur valeur de revente. Dans cette quête de l’optimum du coût de leasing, je me suis rendu compte que pour des véhicules de catégorie moyenne, voire haute, les SUV étaient plus intéressants financièrement parlant que les berlines, dus à leur valeur de revente. Je pense donc que le modèle actuel devrait être repensé pour inciter plus à consommer écologique sans pour autant payer le prix fort.

Vous dites que les salariés ne veulent plus de voitures de société, comment expliquer cette perte d’attrait?

KECH Il y en a de moins en moins qui sont intéressés par des voitures de société. Ce qu’on propose aux nouveaux ou à ceux qui veulent une augmentation, c’est la voiture de société. Mais beaucoup répondent qu’ils ont déjà un véhicule et que c’est bien comme ça. Bien sûr, il y aura toujours des irréductibles pour qui la voiture de société est un outil indispensable. Cela relève des habitudes ou des fonctions. L’informaticien n’a pas forcément besoin d’une voiture mais elle est un élément qui peut le pousser à choisir une offre d’emploi plutôt qu’une autre, selon ses sensibilités.

Les sociétés de leasing évoluent vers des fournisseurs de véhicules à des fournisseurs de mobilité avec des formules combinant voiture et vélo ou trottinette électrique. Ces nouvelles offres, les trouvez-vous attrayantes ou pas?

KECH A dose homéopathique, oui. La complexité territoriale du Luxembourg ne correspond pas à ces formes. Nous ne sommes pas situés dans le centre de la ville. Les entreprises qui y sont ont peut-être une autre vue. La problématique des frontaliers n’est pas résolue avec ça. Un frontalier qui a un véhicule de société ne passera jamais à une version douce. A l’heure actuelle, la plupart des détenteurs d’une voiture de société sont des frontaliers ou des commerciaux. Nous avons proposé des alternatives «vertes» à nos employés mais personne n’a témoigné un intérêt pour cela. Je suis d’accord que tout le monde doit adapter sa façon de consommer pour respecter la Terre mais quand je regarde par la fenêtre et qu’il neige, je me vois mal sortir en trottinette électrique pour aller travailler.