LUXEMBOURG
CHRISTIAN DE BOISREDON

Pour la quatrième année consécutive, l’opération éditoriale Solutions&Co réunit 20 grands médias économiques à travers le monde dans le but d’explorer et mettre en lumière des solutions concrètes en matière de lutte contre le changement climatique. Christian de Boisredon, fondateur de Sparknews, explique.

«En 2015, les États du monde entier lançaient un signal fort en signant l’accord de Paris pour le climat lors de la COP21, mais la bataille face au changement climatique est très loin d’être gagnée. Des mesures concrètes de l’engagement des pays signataires restent à préciser. C’est toute l’ambition de la COP24 qui se déroule du 3 au 14 décembre à Katowice, en Pologne. Mais ce serait une erreur de croire que les États pourront, à eux seuls, endiguer le réchauffement climatique.

Le dernier rapport des scientifiques du Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) est sans appel: pour limiter notre impact sur le climat, nous devons toutes et tous nous engager pour des “changements rapides, profonds et sans précédent dans tous les aspects de la société.”

Pour les entreprises, il s’agit d’un devoir moral, d’une urgence absolue, mais aussi d’une formidable opportunité pour repenser leur business model et leur place dans la société. Aux Etats-Unis, bon nombre d’acteurs économiques l’ont déjà bien compris et prennent le leadership climatique à la suite de la décision de l’administration américaine de se retirer de l’accord de Paris. En témoigne l’engagement de l’ancien maire de New York et milliardaire Michael Bloomberg, qui encourage l’innovation financière bas-carbone sur les marchés des capitaux à Wall Street.

Mais si des entreprises partout dans le monde ont pris le devant de la scène en alliant profit et respect de l’environnement ces dernières années, soutenues par les gouvernements locaux ou contre vents et marées, elles doivent aller encore plus loin. Elles doivent devenir le fer de lance du big bang écologique, en accélérant les solutions concrètes qui existent autour du globe pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre.

Concrètement, pour limiter les conséquences dévastatrices du changement climatique et assurer des conditions de vie soutenables pour les différentes espèces vivantes, y compris les êtres humains, nous devons réduire de 45% nos émissions de CO2 d’ici à 2030 par rapport à leur niveau de 2010, et atteindre la neutralité carbone avant 2050. Autrement dit, chaque gramme de CO2 émis dans l’atmosphère devra être scrupuleusement compensé, et ce via des pratiques respectueuses de l’environnement.

Cela n’est pas impossible, à en croire les scientifiques du GIEC. Certains des types de mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5°C sont déjà à l’œuvre dans le monde, rappellent-ils, mais il est nécessaire de revoir à la hausse leurs ambitions et d’accélérer le rythme de leur mise en place.

Déployer et amplifier l’impact des solutions technologiques d’ores et déjà effectives est bien sûr un premier pas, mais pour les entreprises le défi demeure bien plus grand: elles doivent créer de la valeur et des emplois sans pousser à une consommation excessive car, faute d’une gestion adéquate des ressources naturelles —et notamment des métaux rares—, rappelle la Banque mondiale, “un futur fondé sur les technologies vertes [...] pourrait ruiner […] les Objectifs de développement durable.”

C’est pourquoi “le Lëtzebuerger Journal” s’associe à Sparknews et à 19 autres grands journaux économiques dans le monde le 3 décembre, et pendant les deux semaines de la COP24, pour explorer ces solutions qui réconcilient écologie et économie dans l’opération éditoriale Solutions&Co. Leur réplication à grande échelle peut largement contribuer à atteindre les objectifs que les scientifiques nous fixent pour limiter l’impact du changement climatique. Vous, lecteurs, citoyens, dirigeants, investisseurs, consommateurs, pouvez aussi contribuer à amplifier ces solutions, pour que l’économie de demain devienne véritablement durable.»