LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Leurs cotisations sociales dépassent toujours leurs prestations sociales octroyées, note le Statec

S’il est un phénomène qui va croissant, c’est bien celui des travailleurs frontaliers. L’an dernier, ils étaient 163.912 dont la moitié issus de France et les deux autres quarts de Belgique et d’Allemagne. C’est 45% de plus qu’en 2004, preuve s’il en est que le Luxembourg demeure une place attractive.

Dans une étude parue hier, le Statec passe au crible l’impact des frontaliers dans la balance des paiements. On peut y observer que l’an dernier, un solde négatif de 7,9 milliards d’euros a été comptabilisé pour leur rémunération. Néanmoins, les frontaliers ont versé 1,8 milliard d’euros de cotisations sociales et ont reçu 1,6 milliard d’euros de prestations sociales, ce qui montre que cette main d’œuvre rapporte actuellement plus qu’elle ne coûte. Néanmoins, «le nombre d’anciens frontaliers entrants - entretemps retraités - est encore relativement faible par rapport à celui des frontaliers actifs», souligne l’institut de statistiques.

Des salaires différents selon le pays de résidence

L’étude démontre aussi les écarts flagrants de rémunération entre les frontaliers. L’an dernier, les frontaliers belges percevaient en moyenne 55.701 euros, contre 52.197 euros pour les allemands et 44.897 euros pour les résidents français. Cet écart qui va jusqu’à 24% s’explique selon le Statec par la «spécialisation» des frontaliers dans certains secteurs. Ainsi on retrouve une part plus importante de résidents de l’Hexagone dans des activités moins rémunératrices comme l’Horesca, le commerce et le travail intérimaire.

Néanmoins, tous ces travailleurs sont bien loin des niveaux de salaires perçus dans les institutions européennes, évalués à 100.221 euros par an en moyenne en 2013. L’étude considère en effet les organisations internationales comme «extraterritoriales» et donc, concernent un autre type de frontaliers: les frontaliers sortants. 91% d’entre eux exercent auprès d’institutions internationales soit 10.194 en 2013, tandis que les autres (soit 1.009) résident au Luxembourg mais travaillent dans l’un des trois pays limitrophes. À noter que les organisations internationales emploient un total de 13.194 salariés dont 3.000 viennent effectivement de France, de Belgique ou d’Allemagne.
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