LUXEMBURG
LJ

Lutte contre la pénurie de logements: l’Agence Immobilière Sociale propose une solution originale

Le problème est bien connu: le Luxembourg ne dispose que de 2% de logements sociaux - soit environ 3.500 - alors que la proportion dans d‘autres pays s‘élève à 20 et jusqu‘à 30% du parc immobilier total. Conséquence dans notre pays où la culture locative est sous-développée: les listes d‘attente de personnes en mal de logement, qui n‘ont pas les moyens de se caser sur le marché privé, où les prix continuent inexorablement de grimper, continuent de s‘étoffer.

Selon Diane Dupont, présidente du Fonds de Logement, environ 3.000 ménages attendent aujourd‘hui de pouvoir mettre la main sur une des habitations à prix abordable que propose le fonds public. L‘Agence immobilière sociale compte, elle, plus de mille demandes non-satisfaites pour environ 500 logements disponibles.

L‘AIS loue des logements disponibles pour les relouer à des ménages dans le besoin et offre des garanties intéressantes aux propriétaires en contrepartie.

Un principe que l‘agence souhaite maintenant étendre aux «Baulücken», ces «dents creuses» entre des maisons existantes qui représentent quelque 1.000 hectares sur tout le pays. En clair: l‘AIS recherche des propriétaires prêts à louer leur terrain à court terme - minimum 5 ans - pour y permettre la construction de maisons modulaires placés sur des plots. Le propriétaire garde son terrain et pourra le développer à l‘échéance du contrat de location, date à laquelle la construction modulaire aura disparu.

Selon Gilles Hempel, directeur de l‘AIS, les modules envisagés peuvent être déplacés jusqu‘à quatre fois tout simplement par camions. Construits selon les principes de l‘économie circulaire, leurs parts pourront servir à d‘autres usages par la suite. Hempel, qui est en train de mettre en place un projet pilote actuellement, espère que cette stratégie contribuera à mettre rapidement de nouveaux logements sur le marché mais souligne qu‘il ne peut s‘agir que d‘une solution temporaire.

Ainsi, le parc de logements sociaux permanents, qui devrait atteindre selon lui 30 à 40% du parc total, devra ‚être développé de manière conséquente. «Tous les instruments sont là», a insisté Diane Dupont tout en citant des projets positifs, mais en relevant aussi que les communes doivent absolument aider à déployer les efforts. Dupont et Hempel étaient parmi les invités à une table ronde à Belval sur les défis du logement abordable au Luxembourg.

Organisée par le «Luxembourg Institut for Socio-Economic Research», elle s‘insérait dans le programme du «3rd Affordable Housing Forum» de l’«ETH CASE Centre for Research on Architecture, Society & the Built Environment». Il s‘agit d’un centre interdisciplinaire au département d’architecture de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich. La manifestation, qui s‘achève aujourd‘hui, est une plate-forme d‘échange sur les bonnes pratiques dans la création de logement abordable.