LUXEMBOURG
DR ELISABETH SEIMETZ

Mandatée par le Ministère de la Santé pour la mise en oeuvre du Plan National de Prévention du Suicide, la  Ligue Luxembourgeoise d’Hygiène Mentale attire régulièrement l’attention sur les causes du suicide. Cette année, sa campagne est dédiée à l’anxiété. Le point avec Elisabeth Seimetz, Docteur en Psychologie à la Ligue.

«L’anxiété est une émotion que tout le monde connaît et c’est en fait un mécanisme de protection pour reconnaître et éviter des dangers. Mais l’anxiété peut aussi s’installer durablement, jusqu’à rendre impossible une vie normale.

Nous parlons de troubles anxieux quand le sentiment de se voir menacé en permanence par un ou plusieurs facteurs et de façon exagérée et sans raison prend le dessus sur toute la vie et affecte la santé. L’anxiété est sans doute une émotion qui, à terme, peut engendrer des effets délétères sur notre organisme.

Nous avons choisi cette thématique pour notre campagne de cette année, parce que l’anxiété est, après la dépression, la deuxième cause des suicides. Notre but est surtout de sensibiliser les personnes concernées, mais aussi les professionnels de santé à cette importante problématique.

Elle est souvent difficile à détecter, alors que les professionnels de santé s’occupent plutôt des conséquences que les troubles anxieux ont sur la santé physique et que les patients ne leur confient pas  forcément que leur peur les fait souffrir.

Les patients ne vont pas forcément chercher de l’aide parce qu’ils pensent que leur souffrance n’est que passagère et se considèrent à même de gérer la situation. Un sentiment de honte peut les empêcher de se confier, la peur de reconnaître que justement, ils n’arrivent pas à gérer et d’être livrés à la moquerie. Souvent aussi, les patients considèrent que de toute façon leur état est tellement spécifique que personne ne peut les aider et qu’ils sont seuls au monde à souffrir ainsi. C’est faux. Les peurs se ressemblent et peuvent être battues avec de l’assistance professionnelle.

C’est le message principal que nous souhaitons faire passer à travers notre campagne. Cette dernière s’articulera en une campagne d’affiches et de brochures d’information pour lesquelles nous recherchons d’ailleurs toujours et jusqu’au 20 février des photos sur le thème de la peur. Un jury nommé par la Ligue désignera trois gagnants qui seront récompensés non seulement avec 400 euros, mais leurs photos seront aussi intégrées dans le matériel de campagne que nous utiliserons. Par ailleurs, nous organiserons une exposition itinérante avec les 20 photos les plus originales. La première station sera à la Gare de Luxembourg du 23 avril au 21 mai. Nous avons aussi prévu des conférences autour de l’anxiété. Surtout: parlons-en!»