LUXEMBOURG
TRACY HEINDRICHS

La jeune écrivaine Anouk Mahr nous parle de ses passions, de sa vie d’adolescente etn de son passage au statut d’auteure publiée

Anouk Mahr est une jeune lycéenne en filière A. A 19 ans, elle réalise son rêve et publie son premier roman «Lautlos». A l’occasion de la sortie du livre, Anouk nous parle de sa passion pour l’écriture et de ses rêves d’avenir.

Depuis quand écris-tu des histoires?

Anouk Mahr J’écris des histoires depuis que je sais écrire, mais je les dessinais déjà étant toute petite.

Comment es-tu passée à l’écriture de longs récits?

Mahr C’est la deuxième histoire longue que j’ai terminé d’écrire, la première étant une fanfiction (ndlr: récit écrit par un fan sur les personnages d’un livre/manga/film) de Warrior Cats. Avant ça, j’écrivais surtout des histoires courtes.

De quoi parle «Lautlos»?

Mahr Il s’agit d’une fille de 16 ans qui est muette pour des raisons psychologiques. Le roman suit sa guérison et sa redécouverte du monde réel. Au début de l’histoire, elle déménage avec sa famille et change d’école. Là, elle se fait de nouveaux amis, et découvre un centre équestre pour chevaux âgés dont un cheval aveugle avec lequel elle crée un lien fort. Cette rencontre l’aide à guérir. Je pense que le message principal du récit est qu’il faut accepter les gens comme ils sont, même s’ils sont différents.

Depuis quand travailles-tu sur «Lautlos»?

Mahr J’ai commencé à construire l’histoire de «Lautlos» à 13 ans. Puis, j’ai un peu laissé tomber le projet. Ce n’est que deux ans plus tard, à 15 ans, que je l’ai retravaillé, en gardant les idées de base. Ça m’a pris encore un an pour le terminer parce que je devais arrêter à cause de l’école et d’autres projets d’écriture par moments.

As-tu des petits rituels qui t’aident à écrire?

Mahr Pas vraiment. Je ne sais qu’écrire quand je suis inspirée, donc souvent j’écris beaucoup en une fois, tard le soir. C’est pour ça que j’ai parfois du mal avec les dissertations qu’on nous demande d’écrire à l’école. Mon obstacle actuel, c’est mon habitude de rechercher mon sujet d’écriture de trop, parce que quand j’ai trop d’informations à gérer, je n’avance plus. Donc je fais de longues pauses, mais quand j’écris, j’écris tout en une fois.

Comment as-tu su concilier ta vie d’écrivaine avec celle d’étudiante et d’adolescente?

Mahr Personnellement, je ne vois pas ces parties de ma vie comme étant distinctes. L’écriture est ma passion, donc elle fait partie de mon identité. Je suis aussi quelqu’un d’assez calme et introverti qui préfère rester à la maison pour lire et écrire plutôt que de sortir.

Donc, ce n’était pas trop difficile à ce niveau-là. Par contre, ce n’était pas pareil pour l’école, qui me prend beaucoup de temps.

Comment s’est passée la transition d’écrivaine de fanfictions à celui d’auteure publiée?

Mahr Ça a toujours été mon rêve d’être publiée, et par conséquent, c’était aussi mon but. J’ai toujours espéré que ça arriverait un jour sans savoir si cela arriverait et/ou quand. Le plus gros obstacle a été de terminer l’histoire, parce qu’on ne peut pas simplement envoyer un manuscrit inachevé. Ensuite, avec le soutien de ma professeure d’allemand, j’ai soumis le texte au Prix Laurence (Ndlr : une compétition d’écriture organisée par la commune de Bettembourg), ce qui par après m’a énormément aidé. Grâce à ça, j’ai pu me faire remarquer par la maison d’édition Guy Binsfeld.

Est-ce que ta vie privée a changé depuis la parution de ton livre?

Mahr Non, pas vraiment, mais si le sujet est abordé, j’en parle avec fierté, et mes amis aussi.

As-tu d’autres passions?

Mahr J’aime lire, chanter et jouer du violon. Je baigne dedans depuis mes 7 ans. J’ai fait du violon au sein d’une académie pendant des années, et ai obtenu une première mention, mais comme ma scolarité me demande beaucoup de temps, j’ai arrêté d’aller aux leçons hebdomadaires. Je joue encore avec l’ensemble de mon école de musique, donc je participe à quelques concerts par an. Pour ce qui est du chant, j’ai cours toutes les semaines. On chante beaucoup de la musique pop ou des morceaux de comédies musicales.

Que penses-tu faire après le lycée?

Mahr Je ne sais pas encore, mais ça dépendra sûrement de ce que je veux faire plus tard. Je suis presque sûre que j’irai étudier quelque part en Allemagne pour améliorer mon écriture.

Écris-tu un roman en ce moment?

Mahr Oui. Je ne suis qu’à la moitié du texte pour l’instant, mais les thèmes principaux seront l’adolescence, la santé mentale et l’amitié.

Tu penses changer de thème et style un jour?

Mahr Je pense que oui. Jusqu’à présent, les personnages de mes histoires ont toujours eu le même âge que moi. Du coup, plus je grandirai, plus les personnages de mes textes vieilliront. Mais bon, c’est un peu difficile de prédire les sujets que j’aborderai à 25-26 ans. Pour ce qui est du style, j’écris déjà de la poésie, mais comme ce sont des textes qui parlent de mes sentiments et pensées intimes, je préfère ne pas les publier.

Dans quelle langue rêverais-tu que ton livre soit publié et pourquoi?

Mahr En premier lieu, je choisirais l’anglais, parce qu’on peut atteindre un plus grand nombre de personnes. Comme ça, il y aurait plus de chances qu’une personne qui s’identifie au personnage de mon histoire puisse se sentir représentée.

Sinon, j’aimerais beaucoup que le roman soit traduit en espagnol. J’adore l’Espagne, et j’y vais pendant deux semaines chaque année pour vivre dans une famille d’accueil et apprendre l’espagnol dans une école de langues. Je m’entends très bien avec cette famille d’accueil et j’aimerais qu’ils puissent lire mon roman. Comme il est en allemand, ce n’est pas possible pour le moment. Parfois je rêve de partir vivre en Espagne, et de passer mes journées à écrire. Je pourrais encore écrire en allemand, mais avec le temps, je pourrais peut-être écrire en espagnol. Mais tout ça reste une fantaisie pour l’instant.

Pour terminer, as-tu un conseil à donner aux écrivains en herbe?

Mahr D’un point de vue technique, je conseillerais de lire énormément. Mais, selon moi, le plus important est de terminer son histoire et de ne pas avoir honte ou peur de montrer ce qu’on a écrit. Il faut croire en soi et à son récit!